Icare

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Page vérifiée Créé le 11 avril 2015 Contact

  • 1er chapitre ici / 2ème  / 3ème  / 4ème là / 5ème  / 6ème  / 7ème , 8ème , 9ème , 10ème , 11ème, 12ème chapitre ci-dessous. ;)

    Juste pour dire que cela fait 6 mois que je n'ai pas publié de chapitre mais je vais le terminer. C'est toujours du work in progress, c'est pas mal de taff mine de rien, mais quand j'aurais fini, ça sera vraiment très chouette. L'histoire est terminée, tous les chapitres sont définis, les personnages également. Sinon, petite anecdote, le prénom Pau vient de la ville éponyme et celui de Ban est un petit hommage à Fly puisqu'il s'agit du nom du Dieu du mal.


  • MELMET ETIR



    Le croiseur interstellaire Sith, long et filiforme, se cache derrière la première lune de Naboo. A son bord se tient une réunion de premier plan entre Melmet Etir, chancelier de la Nouvelle Confédération, Darth Aetius seigneur noir des Sith et maître Doo’k Athis, chef du Haut-Conseil Jedi. La pièce à peine éclairée par la lumière qui émane de l’écran géant se trouve gardés par des hommes de confiance. Depuis leurs sièges respectifs, les trois dirigeants observent les derniers évènements via la retransmission. Ils assistent à la discussion entre maître Direm et maître Pau Candeleur. En effet, ces derniers sont filmés par un drone espion conçu par les ingénieurs Sith. Le Chancelier regarde avec beaucoup d’intérêt l’arrestation des Forcïdes et des Jedi renégats. Il s’interroge intérieurement : s’agit-il d’un moment historique ou tout cela n’est-il qu’une péripétie, à l’image des autres es incidents qui ont émaillé la vie de la Nouvelle Confédération depuis sa création.


    _ Très impressionnant, seigneur Aetius, commente-t-il finalement tandis que maître Pau Candeleur demande à ses fidèles de se rendre. Ni les Jedi ni les Forcïdes n’ont perçu vos drones. Comment avez-vous fait pour mettre au point une telle technologie ?

    _ Je serai moins enthousiaste, Chancelier, intervient maître Doo’k Athis qui ne goûte ces félicitations. Cela veut dire que nous sommes espionnés depuis longtemps.

    _ Il n’en est rien, rassure Darth Aetius. Nous avons mis au point ces drones pour améliorer notre renseignement intérieur. Aujourd’hui, je les révèle pour le bien de la Nouvelle Confédération. Il me fallait savoir si les Forcïdes pouvaient la détecter. Il me semble que non même si le test doit continuer. Cela signifie enfin que nous allons pouvoir les infiltrer, peut-être découvrir leur base.

    _ Maître Athis a raison, répond le chancelier. C’est une technologie remarquable mais qui vous permet d’espionner n’importe qui.  Peut-être des officiers de la Confédération ? Des ministres ? Moi-même ?

    _ Nous utilisons ces drones avec beaucoup de mesure Chancelier. En vous les révélant, je les rends caduque. Maintenant que vous savez, vos services trouveront la parade. Idem pour les Jedi. Malgré tout, je peux vous révéler leur secret. Ici, le drone imite les vibrations les plus courrantes de l’environnement dans lesquels ils évoluent. C’est ce qui leur permet de se fondre de manière naturelle. Dans un jardin, ce sera des insectes ou des volatiles. Dans une manufacture, ce sera des machines. Il en va de même pour les fréquences de transmissions. Elles se calquent sur les champs naturels ou les autres transmissions. 

    _ Elles sont cryptées je suppose.

    _ Bien sûr. Cela passe pour légère interférence si l’appareil n’a pas le cryptage. Elle a été conçue pour tromper aussi bien les utilisateurs de la Force que les appareils de détection. Je vous dis tout ça sans arrière-pensées. Il fallait prendre le risque de tout dévoiler aujourd’hui. Même si cela risque d’engendrer de la méfiance à mon endroit ou que je me coupe d’un certain avantage. 

    _ Pourquoi prendre ce risque ?

    _ Parce que la Nouvelle Confédération et nos ordres sont en danger Chancelier. Ces droïdes et leurs alliés représentent une menace existentielle. Voyez comme maître Candeleur a été retourné. Je ne doute pas que des Sith céderont à leur tour à leurs sirènes. Je sais que certains murmurent dans mes rangs. Cela m’inquiète. C’est pourquoi je voulais que nous assistions à la conversation des Jedi renégats avec ces Forcïdes. Je voulais m’assurer que cette technologie servent un objectif noble. Et si j’ai insisté pour que notre réunion se tienne sur mon croiseur, c’est pour la même raison. Maintenant, je vous assure que cette technologie n’a jamais servi à espionner d’autres hommes que les miens. Je ne dis pas que je ne l’aurais pas utiliser pour le faire. Mais ces drones sont trop récents. Nous sommes toujours en phase de test.

    _  Pourquoi surveiller vos propres hommes ?

    _ Parce que certains maîtres sont rebelles. On ne change pas les mauvaises habitudes sans un peu de coercition ni de surveillance. Pour autant je n’en ferai jamais une utilisation massive. Je me méfie de l’illusion que procure la technologie. En utilisateur de la Force, je sais que le regard trompe.

    _ Voilà qui est intéressant, ironise maitre Doo’k Athis.

    _ J’apprends aux miens à se méfier de l’illusion, de la croyance. Penser connaître n’est pas connaître. Autrement dit, à l’instant où je vous parle, je ne fais pas confiance à ce que nous avons pu voir ou entendre. Il faudra d’autres tests, d’autres écoutes. Ils pourraient l’avoir détecté.

    _ Cette attitude est très prudente, reconnaît le Chancelier. Très raisonnable également.

    _ C’est aussi impitoyable, contredit maître Athis. Vous bénéficiez d’une technologie furtive et vous dîtes l’employer avec parcimonie. Même si c’était vrai, il peut très bien s’agir de la faire durer. Moins elle est utilisée, plus elle trompe.

    _ Si j’avais pensé une telle chose maître, je ne l’aurais pas révélé. Entre nous, le Chancelier a raison lorsqu’il évoque ma prudence. C’est de cette manière que j’entends gouverner les Sith. Je veux dompter notre colère, la transformer en création, en dépassement. 

    _ La colère mène au côté obscur.

    _ Absolument pas. Et c’est le véritable enseignement des Sith : accepter nos émotions les plus puissantes, les plus radicales, les embrasser, les maîtriser, les soumettre à la raison. C’est de cette manière que la Force sera pleinement exploitée. Sans ténèbres, ni lumière. Nous avons dépassé ce manichéisme. 

    _  Nous sommes loin de la question des Forcïdes, fait remarquer Melmet Etir.

    _ Pas vraiment, Chancelier. Maître Athis ne sera pas d’accord avec moi sur l’utilisation de la Force mais elle reconnaîtra le problème fondamental que pose les Forcïde. Regardez le visage de ce Vlad-Ozimonor. Un simple ovale. Aucune vie, aucune émotion, aucune passion.  Pour vous dire le fond de ma pensée, deux choses m’inquiètent. Il y a leur discours qui va à l’encontre de la Nouvelle Confédération, de nos ordres. Mais il y a aussi leur nature. Pour moi, elle est abominable.

    _ Abominable ? Je comprends mieux pourquoi vous nous révéler votre technologie.

    _ Comme vous, Chancelier, et comme vous, maître, j’entends préserver notre héritage de paix mais je ne veux pas répéter les erreurs du passé. Les Sith ont souffert de branches pourries, obsédés par la puissance, confondant curiosité et avidité. Je le reconnais. Mais désormais, nous sommes au service de la Force, nous tentons d’en comprendre tous ses côtés. Or ces choses n’en font pas partie. Je ne sais pas qui les a fabriqué, je sais que beaucoup nous accusent mais leur discours révolutionnaire est lié à leur méprise de leur propre nature. Ils ne viennent pas seulement changer l’ordre social, ils viennent briser l’ordre naturel. Il ne s’agit pas de perversion de la Force mais de la négation de la vie. Ils sont aussi artificiels que faux. En cela, nous devons répondre par leur destruction.

    _ Votre vision de la Force diffère de la notre seigneur Aetius, répond maître Athis. Cela se développe de bien des manières et pourtant il s’agit d’une philosophie bien précise. La votre s’incarne immédiatement dans l’idée de les détruire sans leur laisser une chance de s’expliquer ni d’exister. Personne n’a même parlé de les anéantir.  Elle s’incarne encore de manière plus pragmatique dans un système d’espionnage probablement massif qui fait peu cas de la vie privée, de la liberté. C’est une vision Sith qui n’a rien à voir avec celle de la Nouvelle Confédération ni avec la nôtre. 

    _ Voyons maître Athis, vous ne me ferez croire que vous n’avez pas vos propres système de renseignement ni de Jedi spécialisés dans l’obtention d’information. Ceux-là même qui nous infiltrent constamment afin de prouver que nous menaçons la Galaxie. Mais c’est le jeu et je l’accepte. En revanche, je diffère de votre philosophie très bienveillante car je n’aime pas l’hypocrisie. Je l’ai bannie. A présent, nous assumons tout. Nous assumons de dominer nos pires et nos meilleurs instincts. Et j’assume de préserver les Sith des menaces. Ces Forcïdes sont peut-être la seule mais je ne crois pas que vous en preniez la mesure. Je ne réclame pas leur destruction parce que j’incarne une forme de mal ou de violence mais parce que je sais le risque qu’ils font peser à l’ensemble de la Galaxie. Je poursuivrai notre voie sans jamais entraver celle de la Confédération ni des Jedi. Je me plierai à la volonté du Chancelier mais je vous mets en garde. Ils doivent être détruis.

    _ Le portrait que vous nous faîtes des Sith ou des raisons qui sous-tendent vos propos me paraissent un brin exagéré, répond avec assurance maître Doo’k Athis. Je n’oublie pas l’enlèvement d’Elonn. Malgré tout ce que vous pouvez dire, il y a des éléments qui laissent à penser que la mentalité des Sith n’a pas beaucoup évolué.

    _ Nous ne l’avons pas enlevé. Combien de fois devrais-je le répéter ? J’ai toujours dit à vos services que je ne savais pas où elle se trouvait. J’ai laissé les inspecteurs de la Nouvelle Confédération parmi lesquels se trouvaient des Jedi fouiller nos installations. Que dois-je faire de plus ?

    _ Elle menait des actions pour votre compte.

    _ Absolument pas. D’abord je ne suis pas responsable de ses actes. Elle a voulu rejoindre les Sith mais elle avait en tête de plonger dans le côté obscur de la Force. Or l n’y a plus de côté obscur. Ce que nous embrassons n’est pas seulement la colère, c’est aussi la passion, la joie, la puissance, la finesse, la grandeur, la gloire. Nous maîtrisons tous ces sentiments sans volonté de nous y vautrer. Elle l’a compris et elle est parti avec son acolyte. Voyez-vous maître Doo’k Athis, je ne vous blame pas dans cette histoire. Pourtant, c’est votre votre apprenti qui a tué un seigneur Sith de mes amis. C’est votre apprenti qui nous attire tous ces ennuis. Je ne vous blâme pas car je cherche la paix et je sais bien que vous ne la contrôlez pas. Elle s’est perdue sur une route que nous connaissons bien, là où d’anciens Sith se sont perdus également. Cela arrive à tout le monde. Anakin Skywalker était un jedi lui aussi. 


    Le chancelier se lève et interrompt Darth Aetius :

    _ Ne parlons plus d’Elonn ni de ces drones ni des Sith ni des Jedi. Il est question des Forcïdes et nous devons régler cette question convenablement. Maître Doo’k Athis, le renseignement est un atout. Jusqu’à présent, le seigneur Aetius s’est montré exemplaire. Cela ne présume pas de ses intentions. Après tout, nous connaissons vous et moi l’histoire des Sith. Il faudra sans doute des siècles pour que la confiance repose sur des bases solides. Néanmoins, j’apprécie les preuves de loyauté qui sont apportées et la franchise qui caractérise Darth Aetius. Exactement, comme j’apprécie votre discours maître. Nous avons besoin des Jedi pour nous garder sur la voie. Evidemment, s’il nous faut régler la question des Forcïdes, leur destruction n’est pas d’actualité. Il faut rapidement les circonscrire. C’est pourquoi les Jedi, sur ma recommandation, ont été chargé de leur arrestation. Non les Sith. Maître, j’entends que votre Ordre règle ce souci dans le respect de nos règles communes.

    _ Nous le ferons.

    _ Pour autant, la Nouvelle Confédération ne supportera pas une extension des troubles ni une remise en cause de son autorité. La paix en dépend.

    _ Je me trouve mal à l’aise devant la situation, Chancelier, reconnaît maître Athis. Je suis une Jedi. Espionner de cette manière, procéder à une arrestation aussi spectaculaire, risquer la rupture, c’est déjà mettre un doigt dans l’engrenage. Vous nous avez laisser la maîtrise de l’arrestation mais pour l’instant, nous hâtons les choses. J’aurais voulu inviter les Forcïdes au Parlement, j’aurais aimé les aborder sur Naboo avec maître Direm. Malheureusement, le Haut Conseil n’a pas suivi ma recommandation, préférant les vôtres.

    _ Nous ne pouvons pas les reconnaître, maître Athis. Nous censurons déjà au maximum les informations. Si nous devions les inviter, cela les légitimerait. Et même si vous ne l’approuvez pas, j’apprécie que le Haut Conseil ait décidé de l’arrestation des renégats. Il faut en finir rapidement quitte à accélérer les événements.

    _ Le Chancelier voit juste, appuie Darth Aetius. D’autant que j’aurais peur d’un traquenard si nous devions les laisser parler devant le parlement. Nous savons de quoi ces Forcïdes sont capables. Qui nous garantirait d’une action d’éclat ? D’un attentat ?

    _ Je suis d’accord, soutient le Chancelier.

    _ Et puisque nous parlons des conséquences possibles, je veux vous dire, ici, entre nous, que le Parlement devrait se tenir prêt à mettre fin à l’interdiction de l’usage public de la Force. Les Forcïdes ne sont pas nombreux pour l’instant, encore que nous n’en savons rien, mais avec l’appui des renégats, nous nous briderions à ne pas les combattre. 

    _ Est-ce là véritable raison de notre présence et de celle de votre croiseur ? s’insurge Maître Athis. Voulez-vous l’abrogation du code ? Avez-vous l’intention de les combattre ? 

    _ Non ou plutôt oui. Très franchement, je ne veux pas l’abrogation du code mais je militerai pour sa suspension, le temps de mettre fin à la menace. Enfin, pour ce qui est de notre croiseur, j’ai retenu la leçon du massacre de Fort K. Si ces droïdes veulent s’évader, nous aurons de quoi leur répondre. Mes pilotes sont prêts. Je les ferai décoller uniquement à la demande du Chancelier.  Parce que je veux qu’ils soient appréhendés, jugés et, je l’espère, détruit.

    _ Le seigneur Aetius dit vrai, appuie le Chancelier. J’ai apprécié qu’il mette son croiseur à notre service. Et ses explications m’ont fait réfléchir. C’est pourquoi, j’ai fait venir 2 croiseurs également cachés derrière la seconde lune. C’est eux que je mobiliserai en cas d’incident. De sorte que vous garderez votre position d’observateur seigneur Aetius. Si les Forcïdes tentent de sauver leurs compagnons, nous les en empêcheront. En dernier ressort, et seulement s’ils nous y obligent, nous les détruirons. Voyez Maître Dook’Athis, je ne les sous-estime pas. Et j’approuve les propositions qui me paraissent servir le bien commun.

    _ Cela ressemble à un acte de guerre, Chancelier. Plusieurs croiseurs, une arrestation spectaculaire. Et tout ça alors que les Jedi sont chargés de leur appréhension. Je regrette de l’apprendre de cette manière, j’aurais voulu le savoir avant. Surtout, je regrette la tournure des évènements. Le massacre de Fort K comprend toujours de nombreuses zones d’ombre. Et un massacre n’en a jamais autorisé un autre.

    - Je tiens à souligner qu’en plaçant notre seul croiseur ici, fait remarquer Dart Aetius, je laisse Ban sans protection. Vous savez pourtant que notre planète est soumise à des champs gravitationnels, que celui-ci attire des débris qu’il faut parfois détruire au canon. J’accepte ce sacrifice et je suis prêt à l’assumer. Mais nous ne pouvons plus agir comme si cette menace était insignifiante. Pas après tout ce qui s’est passé. Pas après les morts, les menaces. Il n’y a pas que Fort K.


    Maître Doo’k Athis ne laisse rien paraître dans son échange avec Aetius. Tout va si vite. Elle repense aux mots d’Elonn, cherche à sonder ce seigneur noir des Sith qui a réponse à tout, qui semble calme, pugnace, mordant et malgré tout respectueux. Elle ne sent pas cette horreur dont a parlé son apprentie. Il n’émane ni colère, ni rage, ni cette extraordinaire puissance, juste du contrôle et de l’assurance. Néanmoins, elle s’inquiète de son intelligence, de ses manœuvres. Il a gagné l’oreille du chancelier sans qu’elle s’en aperçoive. Elle ne savait pas que la réunion se tiendrait à bord du croiseur Sith ni que les forces de la Confédération seraient mobilisées. A quoi joue le Chancelier ? Croit-il que les Sith ont viré de bord aussi facilement ? Pourquoi cette technologie d’espionnage ne le rend-il pas plus méfiant ? Pourquoi militariser la réponse ? Une escorte légère aurait suffit à les tenir à distance. Les Forcïdes ne sont pas violents. Fort K pose davantage de questions qu’il n’apporte de réponses. La prison aurait été détruire par une bombe apportée par les Forcïdes mais les prisonniers avaient tous été réuni dans une pièce. Pourquoi ? Doo’k Athis hésite. Heureusement, cette entrevue ne va pas non plus totalement dans le sens des Sith mais ils se légitiment toujours davantage. Qui instrumentalise qui ? Le Chancelier ou Aetius ? Elonn se trompe peut-être mais si jamais ce sith était malveillant, c’est une autre guerre qui se profilerait. Une nouvelle. En cela, les Forcïdes pourraient être utiles. Il doit y avoir une troisième voie, à la fois pour circonscrire ces droïdes mais aussi pour révéler les véritables intentions des Sith. Quoiqu’il en soit, elle ne peut pas laisser les Jedi se faire instrumentaliser ni devenir le bouc émissaire. 

    _ Regardez, se lève brusquement Aetius. Ils sortent.

    Maître Candeleur, ses partisans et les deux droïdes Rep et Vlad-Ozimonor sortent du palais encadrés par les troupes de la Confédération. Un long vaisseau patiente dans l’atmosphère. Un bâtiment des forces confédérales escortés par un vaisseau de soutien. La soute s’ouvre. Une navette descend appuyé par des chasseurs. Les prisonniers sont placés en ligne.


    _ Je suis désolé, sourit tristement Pau Candeleur à l’adresse de Repd et de Vlad-Ozimonor. Cela ne devait pas se passer comme cça.

    _ Ne vous en faîtes pas, répond le Forcïdes diplomate. Ils ne nous garderont pas longtemps.

    _ J’en doute, réagit maître Direm, surpris que le droïde ne cache pas ses intention. Ne sous-estimez pas les Jedi !  Il n’y a pas un criminel dans cette galaxie qui ne soit moins surveillé et encadré que vous deux. 

    _ Ca en dit long sur vos capacités, s’amuse Rep. Nous serons libres dans quelques heures. Et nous le resterons jusqu’à la fin. Parce que nous sommes ici pour changer la galaxie, parce que nous sommes ici pour vous affranchir de vos règles. Regardez ce qu’on vous fait faire au prétexte de mensonge sur notre compte. Arrêtez des Jedi ! Arrêtez des droïdes ! Est-ce vraiment là le premier péril dans la Galaxie ? Quid de l’exploitation, de la misère, de l’esclavage ? La Force nous a envoyé pour libérer les individus qui libérerons leur peuple. La Force a un message pour chacun, pour vous également. Alors votre arrestation en comparaison, franchement, c’est de la pisse de bantha.

    _ Tais-toi le droïde, lui ordonne un lieutenant confédéral qui lui assène un coup de baton électrique. Encore un mot et je te livre en pièce détachée. 

    Le droïde pose un genoux à terre.

    _ Pas comme ça, s’interpose maître Direm. Nous ne maltraitons pas les prisonniers. Nous sommes, nous, les Jedi.

    _ Grand bien vous fasse si vous voulez qu’ils continuent à vous manquer de respect.

    _ Le respect se gagne, lieutenant. 

    _ Je n’ai jamais vu un respect qui ne s’impose pas.  Ce qui se gagne, ce sont les coups de bâtons. Mais c’est vous qui en avait la charge. Maintenant, ordonne-t-il à ses hommes, soyez sur vos gardes, ils ne s’enfuiront pas d’eux-mêmes alors tirez à vue sur ceux qui chercheront à les aider.

    La navette se pose, les prisonniers y rentrent. Elles décollent, escortés par les chasseurs. Le convoi entre dans la soute du grand vaisseau Les prisonniers en sortent, toujours suivi par le droïde espion. Ils sont amenés dans une cellule collective entourés par des gardes lourdement armés : mitrailleuses lasers, pistolets électriques. 


    _ Essayez de vous échapper maintenant, sourit méchamment le lieutenant. Vous allez pourrir ici en attendant votre jugement. Et ça sera moi votre gardien. Moi, Hude Gauer. Plus de Jedi.

    _ Oh, je n’ai pas dit que nous nous échapperions Hude, ironise Rep. C’est même tout le contraire. 


  • Bonjour à tous,

    Voici un nouvel extrait du roman Thrènes, roman de science-fiction et d'horreur qui a pour héroïne Chloé. Vous comprendrez en regardant la vidéo que j'ai voulu marier le fond et la forme :D

  • Il s'agit ici d'un texte d'ambiance qui représente une portion du livre que j'apprécie beaucoup et qui vient dynamiser une séquence un peu plus posée. Bien sûr, j'ai écrit ce passage il y a longtemps. Pourtant, chaque fois que je le relis, je ne peux m'empêcher d'imaginer l'impact de la scène si elle se concrétisait.

    Pour le reste, avant de vous parler de ma référence, sachez que j'ai coupé une minute de vidéo. Clairement, je trouvais qu'elle en dévoilait trop. On peut malgré tout écouter la version intégrale ci-dessous. La fin est un peu moins maîtrisée et en dit beaucoup (trop) d'un des concepts du roman :
  • S'agissant de ma référence, je l'ai retrouvée il y a peu mais j'avais sa voix en tête pendant presque 30 ans. Il s'agit du regretté Jean Topart dont je vous propose d'écouter la voix incroyable à travers deux extraits.
    Evidemment, j'aurais aimé mettre un passage de Brisby et le secret de NIMH puisqu'il en était le narrateur. Pour l'anecdote, mes parents nous avaient offert le 45 tours du dessin animé. J'en avais été très marqué, je l'écoutais beaucoup et c'est sa voix qui m'avait sidéré. Malheureusement, puisqu'il n'y a pas d'extraits disponibles, je vous propose son incarnation de Zeus dans Ulysse 31:

  • Par ailleurs, je vous propose ce poème qu'il lit merveilleusement. De toute manière, si vous cherchez à connaître davantage ses rôles, notamment dans le doublage, vous trouverez une petite sélection ici.

  • Enfin, pour revenir à l'extrait de Thrènes, je n'ai pas utilisé d'effet. Il s'agit simplement de ma voix transformée naturellement en jouant en partie sur les graves. J'avais pris une voix un peu différente pour la narration de cet autre passage, avec toujours l'idée d'un ton un peu connoté :

  • Pour montrer un autre registre, je remets la voix la plus grave que j'ai jamais pu prendre pour lire un de mes extraits:

Une année de cinéma

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  • Bonjour à tous,


    J'ai pris début septembre une carte d'abonnement cinéma à l'année, plus précisément le cinépass Gaumont Pathé. J'en ai ressenti le désir pour plusieurs raisons. Tout d'abord, je me suis rendu compte que j'étais devenu une sorte de consommateur de films, sans respect pour ce que je regardais : avance rapide pour accélérer les scènes longuettes, pauses régulières voire arrêt total après 10 ou 15 premières minutes trop ennuyeuses. Attristé par ce constat, j'ai pensé qu'aller voir la plupart d'entre eux au cinéma me ferait davantage respecter, apprécier et accepter leur rythme, leurs idées. Paradoxalement, j'ai donc pris une carte à l'année, symbole de la consommation, pour lutter contre ma tendance au consumérisme. Et pour être honnête, jusqu'à présent, j'ai eu totalement raison. J'ai même eu le plaisir de me retrouver tout seul dans une salle pour regarder Okko et les fantômes. Je me suis même intéressé à l'histoire du cinéma à Toulon, qui comptait comme beaucoup de grandes villes française, une fouletitude de salles jusque dans les années 1970.


  • J'ai également pris cette carte pour m'obliger à regarder vers d'autres horizons, notamment le cinéma français et les documentaires que j'ai désertés. Cette réflexion, je l'ai eu en sachant que j'avais raté en salle The Strangers et Mademoiselle, deux films asiatiques absolument remarquables (et dont je parlerai dans un billet à venir sur les immanquables coréens). Voir davantage de films au cinéma, ce n'est pas prendre le risque de voir davantage de navets mais refuser celui de passer à côté de pépites qui jaillissent ci-et-là. Sans oublier le fait que les cinéma Pathé repassent d'anciens films des années 80 ce qui a fini de me décider. C'est presque un privilège de pouvoir regarder à nouveau des chefs d'oeuvre sur grand écran, spécialement quand on les a manqués. 

    Je me suis donc fixé une moyenne de10 films par mois (docus inclus). De sorte que tout au long de l'année, je mettrai à jour ce billet pour vous parler des œuvres qui m'auront marqué et que je vous conseillerai. Je les classerai par mois. Surtout, je ne ferai pas de longues critiques mais j'essaierai simplement de développer en quelques phrases un concept simple : ALLEZ LES VOIR ! :D

    Enfin, c'est l'occasion de vous dire que le meilleur, c'est encore de prendre un pop corn sucré, de manger le dessus, d'y verser des m&m's, de mélanger puis de goûter cette parfaite osmose.
  • .SEPTEMBRE. 

    (21 films vus)



    - I feel good.   [Bande Annonce]

    Comédie douce et dingue du duo Kerven-Delépine qui non contente de proposer une fable exquise, intelligente et pleine de tendresse bénéficie encore d'une réalisation magistralement étudiée (les cadrages, les idées de mise en scène, tout y est). Si je ne suis pas du tout attiré par le comédien Jean Dujardin, force est de constater qu'il est parfait dans son rôle et que le retournement de fin magnifie son personnage. Car il faut le dire, I feel good bénéficie du twist le plus drôle de l'histoire du cinéma. 


    - Mademoiselle de Joncquières  [BA]

    Bien joué, bien dit et très bien écrit, voilà un film en costume qui fait honneur au patrimoine français. Malgré quelques réserves sur Edouard Baer, loin d'être parfait pour incarner un aristocrate qu'on aurait vu volontiers plus élégant et fin de visage, le reste de la distribution fonctionne à merveille. Contrairement à Un roi et son peuple, navet fastidieux, bête et affreusement didactique au point qu'on le croirait produit par l'Education Nationale, période Nadjat Vallaud-Belkacem, on ressort de Mademoiselle de Joncquières avec le plaisir de savoir que le temps ne change rien à l'affaire. Les plaisirs du beau et de l'amour restent éternel. 


    - The Little Stranger  [BA]

    Un grand film qui tient avant tout par son concept, ses personnages et le soin très travaillé de l'atmosphère. Son manque d'action pourrait être vu comme un manque de rythme mais avant d'être un film d'horreur, le réalisateur propose le portrait d'une classe, d'une époque, d'un petit garçon. Ce mélange passionnant refuse les facilités du genre alors même qu'il propose à mon sens un angle inédit. Quoique beaucoup plus sobre, sans doute un film aussi important que Les Autres d'Alejandro Amenabar.


    - Climax  [BA]

    A la fois réactionnaire et déliquescent, le dernier film de Gaspard Noé est une réussite visuelle et auditive  à découvrir absolument... au cinéma (ah si seulement il avait été tourné pour l'IMAX). Les sens explosés dans une atmosphère moite, sensuelle et immonde à la fois, on valdingue plus qu'on ne danse, on trémule plus qu'on ne vibre mais tout de même... Une vraie claque. Malheureusement, ce film d'horreur qui refuse un peu trop les passages obligés, notamment dans son crescendo, ne connaît pas ce fameux climax et s'achève sur une fin tranquille pour laisser un léger goût de déception. Nonobstant, le reste s'avère original, créatif, puissant et bizarrement beaucoup moins décadent que la comédie-thriller L'ombre d'Emily. Puis ce plan séquence en intro... Une merveille.

    - Searching : Portée Disparue  [BA]

    Davantage qu'un chouette thriller, mené avec suffisamment de fausses pistes et de bons acteurs pour maintenir en haleine, c'est surtout par l'utilisation immersive, sensible mais critique de la technologie (réseaux sociaux, téléphone, ordinateur) que ce Searching fait son nid. Puis, entre nous,, j'apprécie souvent ces projets qui s'organisent autour des réseaux, un peu à la manière d'Unfriended (dans un registre horrifique/adolescent).


    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Peppermint, Detective Dee, Okko et les fantômes, Hotel Transylvanie 3, The Meg, Mission Impossible Fallout, La Nonne, Première année.

    Les bofs : Les frères Sisters, Les Indestructible 2, Le poulain, Kin, L'ombre d'Emily. 

    Les navets : La prophétie de l’horloge, Un peuple et son roi, 22 Miles. 

  • .OCTOBRE.

    (10 films vus)


    - L'amour flou  [BA]

    Hilarante comédie teintée d'absurdité et de folie douce sur fond de famille baba cool des années 2000. Plus largement, un joli témoignage de l'ère du temps à cheval entre une époque abîmée et un idéal inaccessible, celui de l'amour éternel.

    - Upgrade  [BA]

    Excellent film de sf avec un traitement du transhumanisme concret, intelligent et surtout dynamique grâce à un réalisateur investi et des trouvailles visuelles inspirées. A la manière du Dredd avec Karl Urban, Upgrade n'est pas quelque chose spécialement attendu alors même qu'il fonctionne dans une mécanique claire, parfaitement huilée et qu'il marque instantanément.


    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Miss Daisy et son chauffeur, Johnny English.

    Les bofs : Venom, First Man, la saveur des Ramen, 16 levers de soleil (pour la première fois, j'ai ressenti toute la fragilité et l'angoisse à s'élancer vers l'espace. Malheureusement, pour le reste, le narrateur a une voix médiocre, tout est trop vu par le petit bout de la lorgnette et l'ensemble manque de dramaturgie, de récit. Il s'agit plutôt d'une succession d'images pour coller à un homme Thomas Pesquet, - inexpressif et qui n'a pas grand chose à dire - avec l'envie de tracer un parallèle avec Saint-Exupéry).

    Les navets : Alad'2, Galveston, Haloween.

  • .Novembre

    (6 films vus)


    - Silvio et les autres [BA]

    Farce orgiaque, puissante et stylisée qui cloue au pilori un homme tour à tour séduisant, chaleureux, médiocre et profondément misérable, un homme qui se sera servi lui-même et des autres avant tout. La présence de femmes superbes et magnifiquement filmées resteront gravées dans les mémoires mais ne rachètent pas forcément certains passages plus dilettantes, des choix malheureux et des problèmes de rythme. Clairement, un long métrage qui ne plaira pas à tout le monde. Il n'en reste pas moins une interprétation est superbe, une photographie phénoménale, une langue sublime, un sens dévastateur et une bande son parfaite.

    - Chacun pour tous [BA]

    Tiré d'une histoire vraie, ce film s'avère comme une excellente comédie sur le basket et la situation du handicap avec des acteurs toujours justes. Les répliques font mouche, le film ne tombe pas dans les écueils du genre(pas de moraline) et le rythme ne faiblit jamais. En somme une autre histoire du sport et des Jeux Olympiques.

    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : En liberté.

    Les bofs : Le grand bain.

    Les navets : Chair de Poule 2, The Predator.

  • .Décembre

    (6 films vus)


    - Spiderman New Generation [BA]

    Formellement éblouissant même si certaines idées auraient pu servir davantage de fil conducteur, ce Spiderman est un projet rondement mené, bien rythmé, rafraîchissant et inventif mais qui lorgne un peu trop vers le communautarisme (à croire qu'il faut cocher tous les clichés) et le marketing de la marque au détriment d'une certaine nuance. Très bonne surprise. Et très bonne 3D au demeurant.

    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Mortal Engines.

    Les bofs : Killer Hunter.

    Les navets : Aquaman, Asterix et le secret de la potion magique, l'Empereur de Paris.

  • .Janvier

    (8 films vus)


    - Bohemian Rhapsody [BA]

    Sans être un biopic d'une fidélité remarquable tant le récit prend ses aises avec la vérité, le film reste une ode puissante à la musique de Queen autant qu'à ses membres avec, en point d'exclamation, la personnalité et le charisme extraordinaire de Freddy Mercury, magnifiquement interprété par Rami Malik.

    - La Mule [BA]

    Un excellent cru dont on se demande quelle est exactement la part d'authenticité. En soi un tour de force de l'ami Clint Eaastwood puisque le film, en plus d'être très bon, est limpide, drôle et terriblement efficace. On a rarement vu un crépuscule offrir de si belles heures..

    - L'heure de la sortie [BA]

    En soi, le film n'est pas très bon. Il manque de rythme, de densité, de suspens. Il aurait pu ouvrir des pistes ou faire douter du personnage principal (un peu à la manière de The Invitation) mais il tente à la place de proposer une atmosphère vaporeuse qu'on peine à ressentir. Malgré tout, je suis ressorti du film content et curieux. Le casting est très bon, le sujet est audacieux et bien cerné tandis que la réalisation cherche à jouer avec les codes. C'est rare de voir le cinéma français s'emparer de telles sujets avec une vraie réussite formelle et beaucoup de questionnement. Profond quoiqu'un peu vain tant ça manque de corps, mais surtout audacieux, supporté par un excellent casting et une très bonne bande originale (deux superbes reprises de Patti Smith). Intrigué en entrant dans la salle, intrigué en sortant.

    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Raging Bull (très bon film mais dont je ne comprends pas l'aura. Le critique Philippe Rouyer, engagé par Gaumont-Pathé pour évoquer le chef d'oeuvre de Scorsese, développe l'histoire d'une rédemption or je n'en vois aucune (c'est même tout le contraire). Il me semble d'ailleurs que l'ensemble raconte davantage une époque qu'un boxeur. C'était la troisième fois que je le voyais -première au ciné évidemment - et si la forme reste exceptionnelle, je trouve son fond franchement moins fort), Creed 2 (bien meilleur que le premier et nettement plus intéressant) Colette, Glass.

    Les bofs : Bumblebee (pour le coup, j'hésite à le mettre en sympa car la bande originale avec les Smith était extra et l'actrice, qui plus est, excellente -une future grande, un peu à la manière d'Anya Taylor Joy).

    Les navets :

  • .Février

    (6 films vus)

    - Nicky Larson [BA]

    Excellentissime ce Nicky Larson, le parfum de Cupidon. Non seulement, c'est un superbe hommage à la génération club dorothée mais c'est aussi une pure adaptation du dessin animé. J'ai pleuré de rire du début à la fin en raison d'une avalanche de gags extrêmement bien trouvés, mélange de farce et de gauloiserie. Non, vraiment top top top : chouette casting, purs caméos, un paquet d'éclats de rire et de la bombasse sur toute la bobine. Du coup, mise à part une petite réserve sur l'acteur principal, c'est tellement généreux de sa part que je dis BRAVO et vivement la suite !!

    - Le chant du loup [BA]

    Très bon film français qui n'a rien à envier aux cadors du genre, notamment américains. Le récit est porté par un bon casting, une réalisation efficace, un scénario solide et une crédibilité de tous les instants. Voilà une création ambitieuse qui rend fier du cinéma hexagonal. Mis à part la fin qu'on sent calibrée pour l'international, c'est un sans faute. Qui plus est, certains plans ont été tourné à Toulon.

    - BTS [BA]

    J'ai vu pour la première fois un concert au cinéma, qui plus est un concert de K-pop, celui du groupe BTS. Je dois reconnaître le côté terriblement pro et efficace de ce boys band nettement plus performant et entraînant que ses homologues français et américains. On était 2 mecs dans la salle, ahah, mais voir un concert au cinéma n'est pas déplaisant. Ca n'a rien à voir avec le fait d'y assister, c'est certain. Mais ça reste agréable et confortable.

    ----------- [Autres films]

    Les sympas par ordre de préférence : Artic.

    Les bofs : Battle Angel Alita.

    Les navets : Ralph 2.0.

  • .Mars

    (2 films vus)



    Les sympas par ordre de préférence : Escape Room, Sang froid.

    Les bofs : 

    Les navets : 


  • - Initiation

    Les Star Wars sont des récits initiatiques à travers lesquels les héros mûrissent, grandissent (y compris du côté obscur), aidés par des maîtres qui les poussent à s'accomplir et leurs donnent les armes, physiques comme mentales, pour le faire. Dans le cas du réveil de la force, le personnage de Rey n'apprend de personne. Elle est autodidacte, maîtrise excellemment le combat (au bâton) et le pilotage (véhicule comme vaisseau). En ce qui concerne l'utilisation de la force, elle semble naturellement plus douée que Luke et surtout qu'Anakin (pourtant engendré par les midi-chloriens), sans même avoir reçu de formation. Elle est encore mature, décidée et se paie le luxe de battre Kylo Ren lors de leurs deux affrontements (le premier mental, le second physique). Bref, c'est un personnage accompli, dominant. C'est aussi ce qui la détache des précédents héros. La seule aide pourrait venir de Maze mais le personnage n'a aucune influence. De fait, Rey contredit le genre auquel le film appartient puisque le récit tourne autour de l'évolution de jeunes gens, de leur découverte d'un monde nouveau (la force pour Rey, la liberté pour Finn), de leurs épreuves et de leurs rites de passages. C'est dire à quel point le récit est paradoxal, factice. Certains expliqueront que SW7 casse les codes (ce qui supposerait un film d'auteur), d'autres affirmeront qu'ils ne sont pas maîtrisés. A mon sens, la deuxième proposition ne fait aucun doute. Qui placerait une autodidacte dans un récit initiatique ?


    - Des questions sans réponses

    Le film laisse en suspend un certain nombre d’éléments. Alors que la politique a toujours été prégnante dans la saga, l'épisode 7 ne dit rien de ce qui a provoqué la guerre. On ne sait pas ce qu'est le premier ordre, ni la résistance. Du coup, cela donne l'impression que la fin de l'épisode VI n'était pas une conclusion mais une sorte de parenthèse. A noter que répondre à ces interrogations ne nécessitait que deux lignes de dialogue, utiles à la clarification des enjeux et à la mise à distance des deux films. Surtout, pour celui qui s'interroge, l'absence d'informations est une gêne. Il en va par exemple des Jedi. On peut comprendre que Rey -qui vit dans un patelin paumé- ne soit pas au courant de leur existence, et qu'on lui en parle comme d'une légende. Mais pour les autres personnages ? Surtout, pourquoi le film n'explique rien ? On sait que les Jedi l'ont emporté à la fin du 6 ème épisode. On sait surtout que 10 ou 15 ans avant les événements, Luke formait des Jedi et que ses apprentis ont été massacrés par Kylo Ren. Alors pourquoi ne pas expliquer comment ces fameux Jedi ont pu être rayés de la mémoire collective ? Idem pour Star Killer. Pourquoi n'avoir rien dit du temps et des ressources qu'il a fallu à sa construction ? Comment a-t-elle été dissimulée ? Le fait de ne pas donner les clés de compréhension au spectateur nuit à l'immersion, à la qualité de l'intrigue et à la cohésion de l'univers. Il y a de quoi être incrédule devant ce Star Wars qui semble utiliser l'univers de Lucas comme une sorte de prétexte. Il n'y a aucun travail de préparation, de construction, de temporalité. Alors peut-être que l'épisode 8 apportera des réponses mais ça ne rend pas ce premier visionnage meilleur. Au contraire...


    - La démystification de la force

    Le fait que Rey soit aussi puissante dès le départ, sans rien savoir de la force, tout en pensant que les Jedi sont un mythe, est gênant Mais le personnage est noble, intense, et bien joué. Elle sauve donc les apparences. Pourtant à partir du moment où Finn, son acolyte et simple stormtrooper, combat au sabre laser, il en diminue le mythe. Un peu comme si n'importe qui pouvait tirer Excalibur.

    Les rapports de "force" eux-mêmes posent problème. Il en va de la capacité de Finn à s'opposer à Kylo Ren alors qu'il avait été battu, quelques temps plus tôt, par un stormtrooper armé d'un bâton électrique. La maîtrise de la force de Kylo Ren a également de quoi perturber. Il est capable d'arrêter un tir de laser mais ne montrera ensuite que des capacités inférieures à son rang (et à celles de Rey). On voit là comment l'absence d'initiation fausse les rapports entre les personnages et finalement les rapports de force. On voit aussi comment la force a été vidée de sa mystique. C'est une simple capacité et non plus une sensibilité, un travail sur soi, un engagement.

    Enfin, c'est problématique dans la perspective de l'épisode 8. Prenons simplement l'exemple de Finn. Soit il n'a rien à voir avec la force et il la normalise. Soit il s'avère descendant de je ne sais quel Jedi et on se trouve devant un trio de "fils de". Bonjour le sang neuf. Sans oublier que tous les personnages vont devoir passer par une phase d'initiation pour gagner en pouvoir. L'incohérence sera totale. Comment mettre rapidement ces protagonistes à niveau quand on a vu à quel point la maîtrise de la force les séparent ? Ou alors ils supprimeront cette phase et partiront sur une Rey entraînée depuis des années par Luke. Ça ferait un sacré trou : mais qui préserverait la logique d'un récit initiatique sans initiation. 


    - Redite

    Ce 7ème épisode emprunte beaucoup à la trilogie originelle. Il y a le droïde qui contient les plans que convoite le quasi empire, la quasi étoile noire qui détruit des planètes, la réunion des quasi rebelles, les bouclier à débrancher, le renégat de la famille, le mystérieux personnage qui tire les ficelles. Or les scènes sont souvent moins bonnes que dans la trilogie originale, parfois moins épiques (comme les quelques X-Wings qui attaquent star killer). De même, la tension dramatique est moindre. Il n'y a pas les pièges de l'empire ("it's a trap"), ni la menace ou la violence que représente le côté obscur, y compris pour lui-même (on se souvient de la manière dont Vador punissait l'échec). Enfin, les personnages font écho à ceux de la première trilogie. Rey rappelle Luke, Poe rappelle Han jeune, Hux rappelle le premier amiral de l'empire, Snoke rappelle l'empereur, Maz rappelle Yoda, BB8 rappelle R2D2, on retrouve le quatuor initial (Luke, Han, Leïa, Chewie). Bref, les personnages occupent la même fonction ou servent de décalque quand ils ne sont pas simplement les mêmes. Sans parler des décors qui se juxtaposent. De sorte que ce qui pouvait apparaître comme un prolongement forme une boucle. Et l'univers de la saga se ramasse sur lui-même. Un peu comme si vous proposiez la suite du Seigneur des anneaux avec des hobbits chargés d'aller au Mordor pour détruire un deuxième anneau. Sauf qu'on aurait changé la skin des persos et que Gandalf reprendrait son rôle. Mais qui oserait proposer ça ?


    - Personnages inconsistants

    La plupart des personnages ne se tiennent pas et se contredisent très rapidement. Par exemple, Finn décide d'abandonner Rey pour aller se cacher dans la bordure extérieure. Il connaît le pouvoir du premier ordre, il est au courant de Star Killer (par contre, il a oublié d'en parler), il ne rêve que de s'enfuir. Il est donc logique que lorsque Rey lui demande de rester, il refuse. Mais quelques instants plus tard, alors que le premier ordre attaque, il décide de rester et de se battre. Lui qui expliquait, quelques secondes plus tôt, que ce n'était pas son combat l'a fait sien. Bref, il fuit la guerre pour mieux l'embrasser. Après, certains diront qu'on a tous nos contradictions, que ça casse les codes, qu'il cherchait un prétexte pour rester, qu'il s'attache vite. Sur ce dernier point je suis d'accord, il aura fallu un peu moins de 30 secondes pour que Poe et lui deviennent les meilleurs amis de la galaxie. Malheureusement, Finn n'est pas présenté comme quelqu'un de versatile mais comme un personnage décidé. Là est le hiatus. Enfin, ce qui gène, c'est qu'on retrouve ces contradictions partout, dans d'autres personnages et dans le récit lui-même. On a l'impression que tout est factice, pesant. Ce qui nous amène à Kylo Ren.


    - Kylo Ren

    Le personnage est présenté comme maîtrisant la force de manière remarquable. Il est capable de figer des lasers (c'est la seule bonne scène du film). Mais psychologiquement, il n'arrive pas à gérer ses émotions et pique des crises de colère. Il explique lui-même qu'il est tiraillé entre la lumière et les ténèbres, ce qui est sans doute la raison de son trouble. En soit, ce n'est pas un problème. On aime ou pas l'ado qui débloque en cassant du mobilier. Pour le coup, la moitié des gosses de la planète vont pouvoir s'identifier. De même, on aime ou pas l'acteur. Comme on peut trouver original d'avoir un méchant sans charisme. "Ca casse les codes !" Quoiqu'il en soit, le souci est d'ordre logique. Le personnage est inconsistant au possible. 4 exemples :

    1) Kylo explique qu'il est tiraillé entre le côté obscur et lumineux de la force. Il semble malgré tout avoir choisi dès le début de l'aventure puisqu'il fait massacrer des innocents. Surtout, rien dans le reste du film ne viendra justifier ou prouver son hésitation. Il ne fait que tuer, torturer, menacer et se mettre en colère. En fait, nous sommes là encore dans le prétexte. Le personnage ne prouve jamais ce qu'il révèle de lui. C'est une contradiction phénoménale. Et c'est très infantilisant comme caractérisation.


    2) Qu'est-ce qui justifie sa volonté de suivre les traces de Dark Vador ? Luke ne lui a-t-il pas révélé qu'Anakin était tombé du côté obscur par peur de perdre son grand amour ? Personne ne lui a dit que Vador avait tué l'empereur et rejoint le côté "lumineux" après avoir été formé par lui ? Pourquoi le fantôme du grand-père ne lui apparaît pas ? :D On sent bien, surtout, comment la mise en scène échoue totalement à donner à Kylo Ren la même stature que celle de Vador, à montrer le parallèle. Ce qui faisait la force de Vador, c'était qu'il était craint aussi bien par les rebelles que par ses hommes. Il était impitoyable, mystérieux et ses "colères" se terminaient par la mort ou un châtiment. Là, Kylo Ren n' est qu'un ersatz. Sa prestance s'effondre au moment où il enlève son casque, ses dialogues sont médiocres, il se fait "marcher dessus" par le général Lux, par Rey et même un peu par Finn. Mais hé, ça casse les codes ! C'est vrai que c'est original d'avoir un méchant lavette et colérique, qui n'a aucune aucune consistance, et qui semble dérangé par un côté lumineux qui n'existe clairement pas (ou plus) en lui. En fait, il repose - comme tout le film - sur une successions d'idées empilées, sans cohésion.

    3) Si l'intensité du pouvoir de Kylo Ren avait jailli après le meurtre de son père, tout s'expliquait. Le fait même que son basculement définitif vers le côté obscur ne l'aide pas dans son combat final est ahurissant. Et si la mort de son père ne l'a pas fait basculer (peut-être qu'il connaîtra encore des doutes dans le prochain), c'est encore plus grave. La force est déjà complètement factice. Mais, là, l'idée achèverait totalement la filiation. Bref, alors que ce personnage est hésitant, le meurtre est trop radical pour le garder dans son état initial (sans même parler du fait que Vador avait refusé de tuer son fils, du coup on se demande en quoi il marche dans ses traces).

    En termes de jeu d'acteur,cela aurait dû le transfigurer mais il reste l'ado mal dans sa peau. En fait, quelle que soit la situation, il ne fait que faiblir (doute, colère, l'éclair de rédemption, meurtre). Rien ne l'empêche de pâlir. Ce n'est même plus casser les codes du récit initiatique, c'est aussi casser les codes du récit d'aventure. Du reste, il est important de comprendre que le personnage de Kylo Ren faiblit non pas pour obéir à une logique propre mais parce que les héros n'ayant pas été initiés, c'est un moyen un peu bidon pour les grandir. Aux uns, on donne des power up bien cheatés quand ils en ont besoin, aux autres, on met des bâtons dans les roues. On dirait un shonen écrit sur une nappe en papier.


    4) Le fait qu'il perde contre Rey et Finn illustre tous les problèmes du film : la mise en scène, d'abord, est à côté de la plaque. Elle instille le doute, laisse penser qu'il perd parce qu'il est blessé. Or il est battu parce que Finn se révèle et que Rey le domine une nouvelle fois. En fait, il se bat plutôt bien Kylo Ren. Ce n'est pas son physique qui craque, c'est le pouvoir et le mental de Rey qui le surpassent. C'est à dire que le personnage aurait dû grandir après son parricide et vaincre malgré sa blessure. Ce devait être sa libération. Bien sûr, on peut repenser à Anakin lorsqu'il tue sa femme et qu'il perd le combat contre Obiwan. Redite une nouvelle fois mais sans compréhension. Il fallait qu'Anakin soit détruit pour devenir Vador. Parce que Luke sentait du bon en lui. Mais où est le bon dans Kylo Ren ? Et qui le sent ?

    4 bis) Quoiqu'il en soit, le point majeur est plus éclairant. On nous explique que la blessure de Kylo Ren justifie sa défaite. Mais que fait Kylo Ren pour amplifier son pouvoir au début du combat ? Il frappe sa blessure. Le côté obscur, c'est la colère, la douleur, la haine, la rage. Tous ceux qui veulent justifier la défaite par la blessure ne voient pas qu'il s'agit de la seule cohérence de tout le métrage ! Kylo Ren fait appel au côté obscur pour dominer ses adversaires. Et il échoue lamentablement. La force, ce n'est pas un physique optimal. Ça explique pourquoi Yoda la maîtrise aussi bien dans un corps vieux et chétif. 


    - La déception Sky Walker

    Ce qui était bien dans la prélogie, c'était qu'elle montrait l'échec total de Yoda, resté dans sa tour d'ivoire, et s'obligeant finalement à l'exil. Seulement, l'exil et l'échec de Luke paraissent incompréhensibles eu égard à ce qu'il a fait : rallier Vador et détruire l'empereur. Outre la redite (encore), calquer le comportement de Luke sur celui de Yoda nous renvoie non seulement en arrière mais dissout le sens de la conclusion de l'épisode VI. Luke était un héros. Luke avait triomphé de l'empire. Mais Luke n'est plus ce héros. Il n'a même pas réussi la formation de Kylo Ren. Son échec est total. On est passé de vainqueur à vaincu, sans aucune explication. Le seul moyen de sauver ce qui est sauvable, c'est d'en faire un personnage qui attendrait un signe de la force, donc l'arrivée de Rey. Mais là encore, quelle redite.


    - Phasma

    Je n'ai pas fait attention à ce personnage parce que je n'avais pas du tout suivi la promotion et le marketing de Star Wars. Avant d'entrer dans la salle, j'avais vu la bande annonce il y a 6 mois ou 1 an puis je l'avais oubliée. Je ne savais pas que ce caractère avait été mis en avant, décevant les attentes des fans (vu sa transparence, je pensais qu'il s'agissait d'une espèce d'officier random). Mais Matthew m'a écrit ceci pour me faire part de sa déception. Sa proposition est tellement limpide qu'elle montre bien le niveau abyssal de l'écriture :

    "Phasma aurait pu être beaucoup plus classe et importante : si elle avait surpris Finn lors de son refus de combattre/massacrer au lieu de Kylo Ren, si elle avait été en charge de l'attaque du temple de Maz et si elle s'était battue contre Finn, elle avec son bâton électrique, lui avec son sabre laser, on tenait quelque chose. Avec une ou deux petites scènes où Kylo Ren l'aurait rabrouée et menacée, lui reprochant la trahison de son stormtrooper, sa responsabilité directe, alors on aurait eu un personnage supplémentaire,une Némésis pour Finn et autre chose qu'une nouvelle armure. D'ailleurs, elle a l'air d'être la seule capitaine de toute l'armée. Je n'ai pas vu d'autres armures comme la sienne."


    Le retour des vieilles gloires

    On peut apprécier le clin d'oeil. Ce qui me gène dans le retour d'Han Solo et de Chewbacca, c'est l'absence de temporalité. On les retrouve comme si on ne les avait jamais quittés. Or qu'apprend-on au cours du film ? Que le premier ordre menace, que Leïa dirige la résistance, qu'ils se sont séparés et qu'ils ont eu un fils qui est devenu un boucher notoire. Non seulement, ces personnages ne semblent pas porter le poids de ces stigmates (ni même de l'âge, ce qui aurait pu être un ressort autre que les vannes bien nulles qui sont balancées) mais il n'y aura jamais de finesse dramatique dans leur exposition, dans leur jeu ou dans leur dialogue. C'est comme si Star Wars avait été conservé dans le formol, sans tenir compte des nouveaux enjeux, déjà pauvrement installés (Ben Solo). Problématique également, la chirurgie esthétique, les lifting et les injections de botox ont transformé la princesse Leïa en patiente du docteur Troy. Voilà que le film nous ramène à la triste condition de l'acteur vieillissant à Hollywood. Ah et je précise que si le visage d'Harrison Ford avait été figé et ciré de la même façon, il aurait reçu les mêmes critiques.


    - Mise en scène plate

    La fin de Han Solo me dérange. Et je dois avouer qu'eu égard au rôle fondamental du personnage, la faiblesse de la dramaturgie (lorsqu'ils reviennent tous après sa mort) souligne un point terrifiant à savoir que la mise en scène ne fait qu'empiler les scènes sans crescendo dramatique. Il n'y a ni pause, ni attachement, ni deuil. C'est une succession de situations sans souffle, sans regard, sans temps mort (donc sans temps pour veiller les morts). Difficile d'y voir une réalisation qui casse les codes. On se retrouve vraiment devant quelque chose de très formatée (la scène où tout le monde lève les yeux pour voir le laser dans le ciel, on se serait cru devant un film catastrophe). Il y a aussi pas mal de petits moments d'insistance pour appuyer un propos déjà bien lourd (je me souviens d'Han Solo faisant une vanne et de la caméra restant sur lui pendant une seconde pour bien nous signifier de rire, de goûter le bon moment de papy rigolade). Et si la force elle-même n'est plus une mystique (malgré la justification idiote des midi-chloriens dans la prélogie, on se souvient tous de la scène, brillante, où Liam Neeson s'agenouille pour s'apaiser et faire appel à la force), c'est en raison de la réalisation. Cela dit, le plus significatif tourne quand même autour du personnage de Kylo Ren, de la direction de l'acteur, du moment et de la manière dont il enlève son masque, du parallèle avec Vador. Tout ça est fait à la truelle. Et c'est d'ailleurs ce qui nous amène au côté obscur qui arrive à cumuler tous les défauts du film, plus encore que les héros.


    - La transparence du côté obscur

    Le côté obscur est représenté par 3 personnages qui ont tout d'une équipe de bras cassés (cette défaite monumentale quand on y pense, les mecs terrassés par 2 novices et 15 X-Wings). Les 3 ténors - Snoke, Kylo Ren et le général Lux - sont en deçà de ce qu'on attendait et n'arrivent jamais à concrétiser l'idée de menace, de domination ou de pouvoir. Globalement, ils ne sont pas servis par un bon casting ou, c'est selon, par une bonne direction d'acteur. Les acteurs font ados de cours d'école. C'est incroyable de voir qu'un artiste aussi doué que Domhnall Gleeson (alias Hux) ait pu livrer une prestation aussi indigente (costume minable, jeu monolithique, dialogues risibles). Du coup, pour les renforcer, Abrams se sert d'artifice de mise en scène. Pour Hux, il va s'employer à faire un parallèle extrêmement grossier avec le 3ème Reich. Comme pour Leïa qui nous ramenait à la réalité à travers l'irruption du réel (la chirurgie esthétique), là on nous renvoie directement à l'Histoire. On sort le reich du formol.

    Un autre artifice de mise en scène complètement raté (il y en a bien une centaine) tient au grossissement de l'hologramme du personnage de Snoke. Puisqu'il n'est ni mystérieux, ni menaçant, ni autoritaire, ni démonstratif, que rien de ses relations avec ses subalternes ne laisse imaginer un pouvoir ou une intelligence supérieure, qu'il porte un nom ridicule et qu'il ne ressemble à rien, alors Abrams le grandit pour l'imposer dans l'esprit du spectateur. Où est le charme et le mystère de ces petits hologrammes des précédents épisodes ? Il y a un paradoxe permanent entre la petitesse de la vision et les artifices grossiers de mise en scène et d'écriture ou tout doit être bigger, louder. Etrange pour un film censé casser les codes. 


    - La musique peu inspirée

    La musique est très décevante (une première dans la saga). Il y a quelques beaux thèmes (celui de Rey) ou de bonnes envolées mais globalement, c'est fade. A l'image de l'insipide scherzo des X-Wings : https://www.youtube.com/watch?v=xJzuanMUuS4


    - Les Deus Ex Machina

    Le Deus Ex Machina est une expression latine qui habille mieux le classique "Comme par hasard", à savoir la résolution d'une situation par un artifice. Le problème de ce film n'est pas l'existence de Deus Ex Machina mais leur multiplication. Il se trouve que pour apprécier quelque chose de narratif (un film, un livre), une oeuvre fait appel un mécanisme psychologique qu'on appelle la "suspension consentie de l'incrédulité". En gros, on accepte les présupposés ce qui nous permet de nous immerger. Mais cette suspension est de moins en moins consentie à partir du moment où les présupposés apparaissent maladroits, incohérents, contradictoires ou infantiles. Par exemple, si un film fait croire qu'il existe une force mystique réservée aux élus, oui, on l'accepte. Mais si on nous montre que la force peut être utilisée par n'importe qui alors elle n'est pas réservée aux élus : on devient donc moins enclin à prêter foi à ce qui nous est dit et montré. Alors, bien sûr, nous ne sommes pas égaux devant la crédulité. Certains relèvent vite les contradictions, d'autres ne voient aucun problème. Mais on peut dire, malgré tout, que le film empile tellement de résolutions artificielles qu'il est normal qu'un certain nombre de spectateurs soient sortis ou aient été exclus de la narration.

    Exemple du fameux empilement à travers l'héroïne. Ok Rey vit sur une planète où se trouve le faucon millenium. Ok Rey se trouve aussi sur la planète où se trouve BB8. Ok Rey est plus doué qu'Anakin sans formation. Ok Rey est capturée par Han Solo dès qu'elle s'empare du faucon (c'est plus de l'hyper espace, c'est de la téléportation). Ok Rey pilote le faucon millenium parce qu'elle sait piloter son scooter des sables. Mais Rey qui tombe sur le sabre de Luke, au fond, à gauche, dans la cave, ça serait pas un peu la goutte d'eau pour faire avancer le scénario au prix d'artifices toujours plus gros ? On a envie de lui dire : mais joue au loto ma fille !


    CONCLUSION


    Ce qui me gène, ce n'est pas de trouver des contradictions, des paradoxes, des ellipses en forme de trou noir, des deus ex machina, des erreurs de casting, une musique faiblarde, un "aménagement" de la mythologie (je suis pas fan de Star Wars mais j'aime bien), des facilités. Non, le souci, c'est leur succession permanente. Le film n'a pas des moments de faiblesse, c'est un moment de faiblesse du cinéma tout entier. Enfin, j'aimerais rappeler que ce Star Wars n'est pas un film d'auteur : il le prouve par ses paradoxes, ses contradictions, son pillage, ses incohérences. Alors comment se pourrait-il qu'un film ultra commercial, qui doit fédérer tous les publics, sous la férule de Disney, cassent volontairement des codes aussi élémentaires ? La réponse, c'est qu'il n'y a plus besoin de respecter des codes et de faire de bons films populaires pour vendre des billets.

  • Bonjour à tous, 

    Voici le premier chapitre de ma fan fiction Star Wars intitulée "Année Zéro". Je proposerai un chapitre par semaine. Au programme : des nouveaux pouvoirs, des combats, des retournements, de l'aventure, de la spiritualité, des civilisations, etc... Bref, je vous invite à plonger avec moi dans les étoiles et à monter à bord de croiseurs interstellaires. N'oubliez pas votre sabre laser. 

    Avant toute chose, pour m'introduire, je ne suis pas un fan de la saga mais j'aime l'univers. Je le trouve fascinant. Et cela fait longtemps que j'ai envie de l'exploiter à ma sauce. Je dois aussi avouer que le fait d'avoir écrit de longues critiques des films Star Wars 7, Rogue One et bientôt Star Wars 8, m'a donné envie de me frotter au sujet. Je trouve beaucoup plus intéressant qu'un critique propose sa vision d'une oeuvre qu'il conteste plutôt que de rester dans la pure analyse. Alors voilà, il me semble qu'on peut faire autre chose avec Star Wars que ces 2 derniers films risibles reposant sur des personnages malheureusement trop creux et des trames aussi peu inventives. 


    Pour ceux qui se lanceront dans la lecture, je ne propose pas là une version tout à fait définitive. Les chapitres seront très lisibles, avec des descriptions mais je pense les reprendre quand tous auront été écrits pour les densifier, donner davantage d'atmosphère. Quoiqu'il en soit, je suis assez content de l'histoire et je vous conseillerai d'attendre le chapitre 3 qui donnera un bon aperçu de la trame. Je sais que la petite vidéo d'introduction est un peu en retrait, alors que ce 1er chapitre part sur les chapeaux de roue, mais j'ai conçu une histoire avec des personnages que j'espère intrigants, riches, nuancés. Enfin, je me rapproche beaucoup plus de l'univers étendu que de la saga cinématographique. Je sais que certains crieront au blasphème vu certaines libertés mais vous verrez aussi de nombreux raccords, des explications que je trouve cohérentes avec le background. Du reste, s'il est certain qu'on peut mettre sa personnalité dans son travail pour en sortir quelque chose qui nous ressemble, je ne cherche pas non plus à réinventer. Je vois Année Zéro comme un prolongement assez respectueux des codes, finalement, avec la volonté de les exploiter ou de proposer une lumière un peu différente. Et je publierai dans le topic Année Zéro du forum du magazine Icare, les critiques que je recevrai.


    Allez voilà, il est temps de commencer. Un petit générique pour introduire l'univers et hop. Que la force soit avec vous !


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     HUIT


    Le vaisseau de Darth Cinna et de Darth Marionetis sort à peine de l’hyperespace. La planète Oortha se dévoile sur l’écran, petite bille de la circonférence d’une demi-lune en suspension dans la bordure extérieure. L’hémisphère sud s’avère en éruption permanente, terre noire striée de veines de lave, tandis que le nord offre ses paysages de glace, abruptes, déchirés. Le vaisseau plonge immédiatement dans son atmosphère, traverse la couche de nuage et de brume. La pluie de grêlons de la taille de ballons sondes frappe violemment la carlingue. L’écho de ce tambourinage se propage dans l’habitacle sans troubler ses deux occupants. Un peu plus bas, sous la neige, le radar fait apparaître une base creusée au sommet de la plus grande montage. Les plans dévoilent le réseau à l’intérieur de la roche, ses pièces, ses couloirs, ses escaliers qui fuient jusque dans les profondeurs, vers le magma.


    Soudain, des canons s’actionnent. Des tirs lasers bombardent le bouclier du vaisseau. Darth Cinna entame une manœuvre, vrille. Son pilotage est vif, précis, sec. Puis elle verrouille les canons hostiles, tirent plusieurs missiles qui détruisent les défenses. Le vaisseau se pose sur la plate-forme d’atterrissage battue par la tempête. La seigneure noire des Sith, Darth Cinna, aux iris rouges et jaunes tout juste délimitées par un fin liseré bleu, se trouve sur la passerelle qui descend vers la piste. Elle se tient droite, drapée dans sa longue tenue noire qui la serre au corps, le visage dans la pénombre de sa capuche, quelques mèches blondes dépassant à peine. A ses côtés, Dath Marionetis porte des vêtements couverts de lanières de métal ainsi qu’un masque noir en forme de main qui ne laisse apparaître que son oeil rouge et la partie haute de la moitié droite de son visage.

    – Ils ont pénétré nos systèmes, retourné nos canons, constate Marionetis. Ce n’était pas prévu.

    – Non. Mais je n’ai rien contre un peu d’originalité.

    – Je crains que nous ne soyons déçus une nouvelle fois, Maître.

    – Je n’ai rien contre la déception. La déception mène au ressentiment. Le ressentiment à la colère. Tes sens devraient être aiguisés, mon apprenti. Tu perçois quelque chose ?

    – C’est très faible mais oui.

    – Des vivants ? Des morts ?

    – Des morts. Beaucoup. Et autre chose. Quelque chose de ténu, de discret, pourtant d’omniprésent.

    Darth Cinna sourit cruellement avant d’ajouter :

    – Intéressant. Tu n’identifies pas la menace. Une première depuis que j’ai tué ton précédent maître...

    – J’ai beau être très sensitif Maître, je ne sens pas tout.


    Les deux Sith quittent la passerelle, s’engagent sur l’ère d’atterrissage. Cinna a dressé un mur de force, une sorte de toit sur lequel s’écrasent les grêlons alors qu’ils rejoignent l’entrée de la base. La porte est verrouillée. D’un geste de la main, elle force l’ouverture. L’énorme mur d’acier se lève. 5 corps gisent à l’entrée.

    – Des Jedi ! annonce Marionetis, penché sur les cadavres.

    – Je sais, répond Cinna en observant un des corps coupé en deux. Celui-là fut mon apprenti avant toi. Aken Munsh.

    Marionetis continue d’inspecter les corps.

    – Aux blessures Maître, leurs ennemis maniaient des sabres laser. Aucun tir, c’est certain.

    – Le Seigneur Aetius n’aimera pas. Comment des Jedi ont-ils pu connaître l’existence de ce temple ? Et pourquoi nous avoir combattu.

    – Je ne sais pas, Maître. Il faudra comprendre. Combien y avait-il des nôtres ?

    – Une centaine : une quinzaine de maîtres, autant d’apprentis et les serviteurs initiés.

    – Je vois. Dans ce cas, j’ai bien peur que quelqu’un nous ait trahi. Quoiqu’il en soit, nous ne trouverons pas de survivants parmi les nôtres.  Je compte 128 cadavres. Et des formes, si évanescentes que je ne puis déterminer si elles sont mortes ou vivantes. Mais ce ne sont pas des Jedi, c’est certain.

    – Alors de qui s’agit-il ?

    – Aucune idée. Mais je pense que nous saurons vite. On nous attend.

    – Oui, je le ressens cette fois. C’est étrange. On nous invite.


    Darth Cinna et Darth Marionnetis s’avancent, quittent le hangar, suivent un immense corridor, traversent d’autres salles, chaque fois vides, puis rentrent dans une immense gallerie. Les lumières sont éteintes. Darth Cinna tend sa main. Des éclairs de force jaillissent de ses doigts, fuient jusqu’au générateur, courent dans les turbines qui se remettent aussitôt à tourner. L’entrepôt s’éclaire entièrement, dévoile ses immenses colonnes noirs, ses arrêtes épurés, les statues de maîtres Sith défigurés. Des corps gisent un peu partout, certains ont gardé leur sabre laser dans la main, comme accrochés à leur dernier souffle.

    – Quelques Jedi là encore, pointe Cinna, une dizaine. Et les nôtres. D’après leurs positions, je n’ai pas l’impression qu’ils se soient battus entre eux. Du reste, les corps des Jedi sont morts depuis peu. Il y a encore de la force. Les nôtres ont été tués il y a plus longtemps.

    – Tu en déduis quoi ?

    – Que les Jedi ont été attirés sur notre base. Que quelqu’un leur a tendu un piège.

    – Et il nous a tendu le même. Des Jedi morts dans un temple Sith non répertorié ? Il y a de quoi lancer des hostilités. Nous sommes les prochains.

    Brusquement, Marionetis tourne la tête. Il a senti quelque chose. Il regarde dans l’encadrure de la porte. Il y fait sombre. Quatre yeux mécaniques d’un rouge rubis percent au travers. Darth Cinna le remarque à son tour.

    – Juste un droïde, méprise-t-elle.

    – Ce n’est pas qu’un droïde, Maître. Je sens la force. Presque imperceptible. Comme si elle se fondait en lui. Elle est là.

    Cinna observe plus attentivement le robot, voit le pommeau d’un sabre laser dans sa main. La lame blanche jaillit presque aussitôt, vient faire écho à la sensation de Marionetis.

    – Intéressant, réagit-elle. Je m’en occupe. Analyse ses capacités.

    – Oui, Maître.


    Le droïde se précipite, court à une vitesse étonnante. Cinna tend sa main, projette une onde de force. La machine se replie sur elle-même, travers l’onde, se déplie, rallume la lame de son sabre et frappe. Le duel commence. Le robot est d’une rapidité étonnante mais Cinna pare les coups sans trop de difficulté. Elle s’amuse même avec son adversaire, teste ses réflexes, sa dextérité. Quand elle rompt soudain la charge... De son autre main, elle envoie ses décharges électriques. Le robot tend sa paume, forme une bulle de force qui absorbe leur puissance.

    – Absurde, pense-t-elle en abandonnant ses décharges pour mieux serrer le poing. Comment pourrait-il avoir ce niveau ?

    Elle y concentre sa puissance, l’ouvre subitement alors que le robot se précipite, lame en avant. Des piques de force sortent des doigts de la Sith, transperce la machine qui s’arrête sur place. Le robot est gravement endommagé. Pourtant, il tient encore debout.

    – Il a concentré la force sur ses systèmes les plus importants, constate Marionetis. Il a des réflexes de survie.

    – Tu en as assez vu ?

    – Oui, Maître. Sa maîtrise est étonnante mais sans doute trop neutre pour que son intensité représente une menace.

    – Neutre ?

    – C’est le seul terme qui me vienne en tête. Quoiqu’il en soit, je ne crois pas qu’un tel droïde aurait pu présenter un risque pour ce temple.

    – Qu’importe, il est temps d’en finir. Nous rapporterons ses pièces. Les analyses nous diront bien de quoi il s’agit.

    Cinna tend la main vers le robot, serre le poing, le compresse sur lui-même pour n’en faire qu’une vague boule de métal qui roule sur le sol.

    – En soi, ce n’est pas tant sa maîtrise qui m’interpelle, reprend-elle. Mais je ne sens rien d’organique. Pas même un résidu.

    – Moi non plus.

    – En théorie, seul un organisme vivant est capable d’utiliser la force. Malgré tout, j’ai cette chose devant moi, je l’ai combattue. Je sais même qu’on a déjà connu des êtres mécanisés capables d’utiliser la force mais la base était toujours organique. Là, je ne sens rien. Il faudra l’analyser en priorité, chercher des midi-chloriens. Si un être entièrement artificiel se met à utiliser la Force, notre ordre sera ébranlée.

    – Il y a forcément une explication. J’ai l’impression de quelque chose de très particulier, d’à la fois familier et de distant.

    – Quoiqu’il en soit, même particulier, il n’aurait jamais pu détruire ce temple.

    – Lui non mais avec les autres, si.


    Aussitôt, des dizaines d’yeux se découvrent au fond du couloir sur lequel donne la porte arrière. Une trentaine de robots identiques au premier s’avancent sans un mot. Les lames blanches jaillissent de leur sabre.

    – Puis-je m’en charger, Maître ? demande Marionetis alors que les machines enjambent les cadavres des Jedi. J’aimerais voir jusqu’où va leur perception.

    – Tu peux.

    Les droïdes continuent d’avancer parmi les cadavres. Marionetis tend le bras vers l’avant. Soudain, les robots s’arrêtent. Ils fixent les corps, là juste à leurs pieds.

    – Ils sont très sensibles, remarque le Sith. Ils ne comprennent pas ce que je suis en train de faire mais ils sentent ma manipulation. Ils ont une perception proche de la mienne. Des senseurs...

    D’un geste de la main, les cadavres des Jedi s’animent alors que les robots les surplombent. Les corps attirent les sabres lasers tombés à terre, font jaillir les lames et tranchent d’un coup la moitié des machines. Les autres robots se regroupent, les affrontent avant d’être dépassés par la puissance de leurs opposants. Lorsque la dernière machine s’écroule, tranchée en deux, les Jedi retombent inanimés. Les sabres roulent sur le sol.

    – J’aimerais récupérer des sabres, demande Marionetis. Ils nous apprendront des choses.

    – Fais, répond Cinna.

    – Malheureusement, résonne une voix métallique depuis le fond de la pièce, je ne peux pas vous laissez faire ça. Rien ne sortira d’ici.


    A cet instant, un autre robot se découvre, plus racé, plus grand, un droïde d’apparence noble. Il est drapé dans une sorte de moulure blanche qui épouse l’arrière de son corps et forme au sommet une capuche sous laquelle perce une bille bleue artique, un iris posé sur un disque en argent. A l’intérieur circulent des câbles torsadés bleus nuit et gris. Ils courent sur le reste de son buste, parfois jointoyés pour former les épaules, les muscles, le tronc. Ses deux bras se terminent par trois imposants doigts de métal, ses deux jambes s’achèvent à l’identique.

    – En voilà un qui parle, s’étonne Marionetis.

    – Nous parlons tous. D’ailleurs, les Jedi à vos pieds pensaient que nous parlions trop. Désormais, ils ne disent rien. A moins, bien sûr, que vous puissiez faire murmurer les pantins ?

    – Qui est le plus pantin des deux, s’amuse Marionetis. Un corps que j’anime ou un droïde qui suit un programme ?

    – Dommage, semble regretter le robot, tu ne vois pas ce qui est devant toi. Nous sommes des centaines de voix propres, des centaines de personnalités. Uniques. Et libres. Bientôt, nous serons des milliers. Et vous ? Combien de Sith ? Combien de divisions ?

    – Je ne sais pas, reconnaî le Sith. Seul notre Maître à tous connaît notre nombre. Mais même si nous n’étions plus que deux, cela me paraîtrait suffisant. Certaines choses ne changent jamais.

    – Nous verrons cela. Je constate en tout cas que votre Seigneur Aetius n’a pas envoyer n’importe qui. Vraiment, la Force est pleine de surprise. A tel point que j’aimerais savoir si ton pouvoir marcherait sur nous.

    – Je me posais la même question.

    – Je sais. Je sens ton désir de les réanimer. Vas-y, je t’en prie. La Force ne les a pas encore quittés. Essaye de les manipuler.

    – Merci pour la permission, s’amuse Marionetis.

    Le Sith tend sa main, cherche la Force dans les droïdes, puis rabaisse le bras.

    – Je ne peux pas. Mais tu l’avais deviné, n’est-ce pas?

    – Je l’ai compris en te voyant manipuler les Jedi.

    – En ne m’observant qu’une fois ?

    – Mon programme l’a analysé. Exactement comme il m’annonce que tes pouvoirs ne suffiront pas. Il n’y a pas assez de corps dans cette pièce pour me vaincre.

    – Ne te base pas sur ton programme. Rien n’est plus faillible qu’une machine qui se fie à des calculs de probabilités. D’ailleurs, pourquoi supposer que je me cache derrière ma manipulation ?

    – Je vois. Dans ce cas, le combat risque d’être intéressant. Plus intéressant qu’avec les autres.


    D’un coup, les Jedi se relèvent. Ils attirent les sabres lasers et chargent le dernier robot. Cette fois, ils se font tailler en pièce. Le style de ce nouvel ennemi est virevoltant. La lame de son sabre sort et disparaît en quelques micro secondes. Il bloque un coup, fait disparaître le laser qu’il rallume juste derrière et transperce chaque Jedi comme si de rien n’était. Ils s’écroulent.

    – J’espère que tu te bas mieux que tes pantins, lâche laconiquement le droïde.

    – Remarquable, murmure Marionetis, son visage stupéfait derrière le masque. Tu ouvres de nouvelles perspectives.

    – Toi aussi, s’amuse le droïde sans lâcher pour autant Cinna d’une seconde, elle qui se semble étrangement en recul. Et tu ne ressens pas d’inquiétude. Quel pouvoir tu dois avoir pour ne faire appel ni à la peur ni au courage et rester aussi calme. Je dirai même que je perçois une joie.

    – Plutôt une révélation. 

    – C’est aussi ce que je ressens maintenant. Je n’aurais pas cru qu’il était possible de ranimer des corps. J’aurais même une question si tu le permets.

    – J’écoute.

    – Je voudrais savoir combien de temps peut durer la manipulation ?

    – Tout dépend du moment où je prends possession d’un corps. Si la connexion est suffisante, je peux réanimer n’importe lequel. Mais je ne peux pas prolonger la symbiose avec les midi-chloriens. Ils ont leur propre durée de vie. Ils meurent simplement plus lentement que leur hôte. En attendant, je peux m’en servir comme vecteur. Je ne sais pas si ce que je te dis te parle mais nous sommes connectés à la Force dans des proportions que peu de Jedi ou de Sith imaginent. Nos corps en gardent la mémoire et réciproquement. 

    – Une mémoire ?

    – Oui. Mais ce n’est pas aussi remarquable que tu le penses. Comme ce n’est qu’une mémoire, cela signifie que mes pantins sont moins forts que les originaux, dépourvus de volonté, de personnalité, d’adaptation, d’anticipation. Ce sont juste des corps qui se meuvent en souvenir de ce qu’ils ont été et qui suivent mes ordres. Mais ils restent techniquement du même niveau. Enfin, ils ont un avantage exceptionnel que tu ne perçois sans doute pas. Je le dis aussi pour que tes congénères ne l’oublient pas.

    – Lequel ?

    – Ils sont déjà morts.

    D’un geste, les Jedi se relèvent. Marionetis sort son sabre laser, dévoile la lame turquoise.

    – J’ai de la chance, s’extasie le droïde. Nous avions choisi ce temple pour apprendre vos secrets, nous mesurer à vous. Je ne pensais pas que je tomberai sur quelqu’un d’aussi talentueux, qui nous sente et qui puisse exercer ce degré de maîtrise. Combien de corps peux-tu manipuler à la fois ? Est-ce là le coeur de ton pouvoir ?

    – C’est une question à laquelle je répondrai une autre fois, se résigne Marionetis en rentrant sa lame. Car tu es désormais la proie de quelqu’un d’autre. De quelqu’un de beaucoup plus fort que moi.

    Les Jedi retombent inanimés. Le robot tourne la tête, découvre le regard brillant et le sourire cruel de Darth Cinna.

    – Je vois, fit-il. Le maître à la priorité.

    – Toujours.

    – Dans ce cas, pourquoi me tester ? Qui es-tu ?

    – Cela n’a pas d’importance à ce stade. Tu n’es plus à moi.

    – Oui, c’est à mon tour, se délecte Cinna. Cette capacité à allumer et éteindre ton sabre aussi vite, c’est quelque chose de saisissant. Je vis pour ces moments.

    – Dans ce cas, ton existence a bien peu de sens.

    – C’est le seul qui compte. Mais avant de te ramener à la réalité, donne-moi ton nom. Je veux savoir qui je vais tuer.

    – Huit.

    – Un simple numéro de série ? Décevant.

    – J’ai choisi mon nom pour la perfection de son sens, de sa forme. L’ironie, c’est que je ne savais pas que j’étais le huitième. Mais je ne crois pas qu’une Sith serait à même de comprendre. Alors ne perdons pas de temps. Je veux bien prendre un cours de réalité.


    Le droïde se précipite à une vitesse sidérante. Cinna tend sa main, tente de le projeter avec la force quand il se déporte sur le côté d’un bon fantastique. Il sort la lame blanche de son sabre, attaque sur sa gauche. Cinna, sort la sienne, rouge. Elle pare. La lame de Huit disparaît, réapparaît. Cinna ne peut rien anticiper ni prévoir, juste parer, éviter. Encore parer. Puis elle sent brusquement l’ouverture, elle charge, il tient. Le combat s’équilibre enfin lorsque Huit sort un deuxième sabre.

    Cette fois, Cinna ressent la peur. Cela devient difficile de savoir quelle lame va apparaître, disparaître, s’il s’agit d’une feinte. Les coups sont plus rapides, elle sent qu’elle perd le contrôle du combat. Si vite… Trop vite… Alors dès que la première lame vient parer son coup, elle insuffle des éclairs sur son sabre. Huit est surpris. Son premier sabre surcharge au contact avant de casser sous l’action combiné du laser et de l’électricité. Cinna profite de la faille, lui coupe son autre bras et sa jambe puis le projette avec la force.

    – Je ne croyais pas cela possible, murmure-t-elle, la bouche barrée d’un rictus terrifiant. Tu manies mieux le sabre que moi. Tu le manies mieux et je dois te broyer pour ça.

    Huit s’est relevé difficilement. Il tient sur une jambe. Cinna tend son bras. 

    – Voilà ma réalité, lance-t-elle. Tu es fini.

    – Fini ? tance le robot. J’en doute.

    – Ecartez-vous, crie soudain Marionetis.

    Les têtes des droïdes dispersés dans la pièce explosent au même instant avec violence. Leurs yeux ont brillé une dernière fois suivie d’une détonation. Lorsque la fumée se dissipe, les corps des Jedi morts ont dressé un mur tout autour des deux Sith. Le rempart de chair est déchiqueté mais il a tenu.

    – J’ai bien fait de te garder comme apprenti, lâche-t-elle furieuse d’avoir été prise de cours.

    – Merci Maître.

    Les corps des Jedi retombent et laissent la salle desespérement vide.

    – Il avait un plan pour s’échapper.

    – Je sais.

    – Lui et les 7 autres. 

    – 7 ?

    – Ils nous observaient au fond. Ils attendaient l’explosion pour préparer leur fuite. Je ne crois pas qu’ils imaginaient être surclassés.

    – Peu importe. Il a fallu que j’abatte ma meilleure carte. Le Seigneur Aetius n’aimera pas ça. Ils n’étaient qu’une poignée mais ils ont écrasé ce temple. Ils nous ont humilié. Il m’a humilié. Une centaine de Sith, des Jedi. Et j’ai dû briser son arme.

    – Je ne crois pas qu’ils nous aient écrasé. Les 7 autres semblaient endommagés eux aussi. Du reste, nous ne connaissons pas leurs pertes. Quoiqu’il en soit, il y a une différence entre ceux qui se sont enfuis et les premiers que nous avons combattu. Une différence énorme. Reste qu’il n’est jamais une bonne idée de compter sur le nombre pour faire grandir le côté obscur. Ensemble nous l’aurions emporté alors que la centaine de Sith a perdu lamentablement.

    – Cette décision ne nous appartient pas. Je ne pense pas que...

    Soudain, Cinna s’est coupée. Un cri a retenti derrière eux. Un cri puissant, sorti du fond du coeur, un cri qui porte son prénom. Son prénom avant de devenir Sith : 

    – Elonn !

    La Sith se retourne, découvre un Jedi.

    – Lian ! Encore toi ! Cette fois, je te tranche la tête.

    ---- Chapitre 2 ----


    ps : je terminerai chaque fois sur une musique de Star Wars (parfois des morceaux composés par des fans), ou plus rarement tiré d'un autre univers. Là, je commence avec le thème de Darth Revan.


  • Bonjour à tous,


    Vous ne le savez peut-être pas mais je déteste les transports en règle générale. Le train n'y fait pas exception, bien au contraire. Il m'arrive d'ailleurs de raconter certains miracles de la SNCF, à l'inverse quelques mésaventures. Du coup, sachant que j'allais devoir subir 4 heures de calvaire pour rentrer à Toulon, je me suis décidé à m'intéresser aux nouveaux livres audio. Précisons tout de même que je n'en avais plus écouté depuis Moby Dick il y a 25 ans. Autant dire que la technologie a radicalement changé.


    J'avais noté dans un coin de ma tête la sortie d'Alien, la sortie des profondeurs il y a 6 mois. Pour le reste, le besoin de m'échapper de ce voyage m'a convaincu de me le procurer, testant par là-même la formule d'essai d'Audible (10 euros pendant 1 mois avec 1 livre gratuit au choix), la société d'Amazon, par ailleurs créatrice de ce livre "omnisonore". Ainsi fait, force est de constater que le book audio a bien changé, en tout cas avec cet épisode d'Alien.


    De base, je dirai que la sortie des profondeurs n'est pas un roman à proprement lu mais plutôt une adaptation audio-cinématographique de l'oeuvre éponyme de Tim Lebbon, spécialiste de la novelisation dans des univers établis (Alien, Alien vs Predator, Star Wars). A mon sens, il est même difficile de qualifier cette expérience de simple livre alors que l'adaptation est à ce point immersive, riche et éloignée de ce que j'aurais pu attendre.

    Ce qui marque le plus de prime abord, c'est l'absence de narration puisque tout n'est que dialogue. Ainsi rien n'est conté ou distribué si ce n'est à travers les explications, les impressions, les constatations, les espoirs, les doutes et les hypothèses que se livrent ou s'échangent les personnages. Voilà qui a l'avantage de proposer un récit particulièrement dynamique, jamais monotone, avec néanmoins le défaut de rendre un peu obscur certaines scènes d'action ou de marquer le pas devant la faiblesse descriptive de quelques passages. Pour autant, ces défauts ne sont pas dû au principe de cette multiplicité d'acteurs mais davantage à l'adaptation qui aurait pu offrir davantage de clarté et de précision (les bruitages assurant de donner vie aux créatures, aux vaisseaux, aux environnements). 

    Malgré tout, l'immersion est absolument remarquable puisqu'il s'agit en réalité d'écouter un film adapté au format. En cela, le casting est la pierre angulaire. On ne trouve par exemple que des acteurs et des doubleurs officiels : Tania Torrens alias Sigourney Weaver, le regretté Patrick Béthune alias Kiefer Sutherland ou encore Paul Borne, doubleur de Laurence Fishburn. La réunion de ces talents familiers assurent une qualité de jeu autant qu'une ambiance purement cinématographique. A cela s'ajoute un travail sonore équivalent à celui d'un long métrage : bruitage permanent (ouverture des portes, activation des propulseurs), spacialisation des sons (pas qui s'éloignent, cris qui s'amplifient ou diminuent) sans oublier une vraie bande originale pour accompagner les scènes et illustrer les atmosphères. Vraiment remarquable. C'est vivant, prenant, stressant, immersif et passionnant.


    Enfin, tout cela ne serait pas aussi convaincant si cette sortie des profondeurs, divisée en 10 chapitres d'une demi-heure environ, ne proposait pas une aventure Alien de grande qualité. Le récit en lui-même, classique mais parfaitement maîtrisé avec sa dose de créativité, s'intègre parfaitement à l'univers pour nous proposer une nouvelle aventure de Ripley tout en réussissant un pont cohérent entre Alien, le huitième passager de Ridley Scott (ne serait-ce que les bruitages informatiques, sorte de madeleine de Proust) et l'Aliens de James Cameron. Globalement, Ellen Ripley se trouve fidèle à elle-même, entourée de personnages réussis, quoique parfois un peu trop en filigrane, et profite de nouveaux approfondissements, notamment dans sa relation à sa fille. Par contraste, cette aventure fait comprendre à quel point Prometheus et Alien Covenant (analysés ici) ont littéralement détruit la mythologie aussi bien pour avoir cherché à lever le voile que pour avoir apporté des réponses ô combien médiocres et inutiles. Preuve est faite par l'exemple qu'étoffer l'univers suffit amplement à marquer la saga, sans besoin de réinvention ou de deus ex machina improbables.


    Finalement, ce livre audio Alien, la sortie des profondeurs s'apparente à une grosse production audio-cinématographique de 4 heures 30 et s'avoue, malgré quelques défauts mineurs, comme le 3ème meilleur film Alien à côté duquel les fans ne sauraient passer. Vraiment, une réussite qui ne manque que de trouver son écho sur grand écran mais qui n'en souffre pas.

    ps: l'extrait ci-dessous propose le début du livre et rappelle les événements du huitième passager. Sinon vous trouvez ici la critique du deuxième audiobook Alien qui sert d'introduction au film de Cameron.


  • Je vous avais chroniqué la dernière fois l'excellent audiolivre Alien : la sortie des profondeurs, je  récidive aujourd'hui avec Alien : le fleuve des souffrances. Comme pour le premier, l'aspect doublage, bruitage et musique s'avère d'excellente qualité. On a l'impression d'être dans une sorte d'adaptation audiocinématographique de ce deuxième roman éponyme. Pour rappel, il n'y a que des dialogues à l'exception cette fois d'une très légère narration, uniquement pour situer le jour et l'endroit de certains événements (je vous engage à lire mon premier billet pour connaître plus en profondeur ce qu'apporte l'audiobook comme sensations). 


    De manière formelle, les qualités sont les mêmes : excellente atmosphère, immersion, fidélité à l'univers développé par les deux premiers films (notamment grâce au retour de Ripley). En conséquence, les défauts reviennent à l'identique. Ou plutôt un seul parmi les précédents soulignés. Car si l'action peut se montrer un peu brouillonne, tout l'aspect visuel se trouve renforcé par le lien étroit qu'entretien l'histoire avec l'épisode Aliens de James Cameron. De sorte que le décors est parfaitement en tête, l'intégralité se passant sur terre (appartement de Ripley, station...) et dans la fameuse base des colons sur LV-426, avec ses longs couloirs, ses salles formatés, ses processeurs atmosphériques.


    A nouveau, il s'agit, je le disais, de l'adaptation d'un roman quoique désormais écrit par Christopher Golden. A l'image du précédent auteur, Tom Lebbon (avec lequel il a d'ailleurs coécrit plusieurs sagas), Golden s'est spécialisé dans la novellisation : Buffy, UnchartedPour autant, l'expérience procurée par ce fleuve des souffrance diffère de la sortie des profondeurs. En effet, ce n'est plus un film à part entière que l'on écouterait en raison précisément de sa structure voire de son sujet. Finalement, alors que le précédent récit proposait une aventure académique avec Ripley comme héroïne, une progression typique, des personnages principaux et secondaires bien identifiés, ici l'histoire est plus éclatée et les protagonistes multipliés. A l'exception de Ripley et des scènes terrestres, ce sont tous des colons d'LV-426. La différence se révèle majeure aussi bien en terme de rythme que de fond et de forme. A mon sens, le fleuve des souffrances ne se suffit donc pas à lui-même mais trouve un intérêt immense en tant qu'introduction et complément à Aliens. Moins riche et original que le premier audiolivre, il compense en apportant plus de sensations (notamment de stress), en étoffant et en offrant une relecture -parfois discutable dans le cas du personnage de Burke- du film qui le suit. 


    Pour réaliser la complémentarité des récits, des scènes du film ont d'ailleurs été redoublées ce qui permet là encore d'en apprendre davantage et de fournir une vision enrichie du long métrage. Car le plus intéressant reste la manière dont le fleuve des souffrances renforce Aliens et réciproquement. Ainsi, en plus d'incarner la base, le phénomène colonial, de développer l'univers de science-fiction, d'enrichir les décors, les personnages gagnent en densité, en lien, en profondeur, que ce soit Newt (que l'on suit depuis le tout début), son frère ou ses parents. Seul regret ? Le fait que certains intervenants comme les scientifiques s'avèrent un peu trop caricaturaux. En outre, le livre recèle quelques surprises qui contenteront les fans mais leur ouvriront aussi certaines perspectives. On ne lui reprochera en dernière instance qu'un petit manque de rythme à ses débuts en raison du poids de l'importance de l'exposition, du nombre des différents protagonistes et d'un manque d'action un peu patent. En revanche, pour ce qui relève de l'objet-même, voilà un un addenda d'excellent facture. Aussi, pour les amoureux de la saga, pour les fans du film de James Cameron et enfin pour les amateurs d'univers riches et d'écoute intense, le fleuve des souffrances se révèle clairement indispensable.


    Je terminerai en vous conseillant -dans l'ordre- pour un plongeon parfait dans l'univers Alien de :

    1) revoir le premier film.

    2) écouter la sortie des profondeurs.

    3) enchaîner avec le fleuve des souffrances

    4) regarder Aliens, version longue.

    5) S'arrêter là.

    Je réserve encore mon avis pour ce qui est de jouer à Alien : isolation puisque je n'y ai pas encore joué. Je le ferai très bientôt. Je note tout de même l'histoire qui propose le prolongement d'un personnage évoqué aussi bien dans le premier audiobook que dans le deuxième films.

    S'agitssan du prolongement d'Aliens, je déconseille le jeu vidéo Aliens : Colonial Marines dont les événements se passent juste après celui-ci (et parallèlement au 3).
     J'ai voulu tenter parce que l'histoire se déroule elle aussi en bonne partie sur LV-426 mais l'expérience s'avère médiocre (même avec le mod qui corrige l'IA, améliore l'animation et le rendu visuel). Entre nous, l'histoire et les personnages n'ont proprement aucun intérêt. D'ailleurs, même si le lien qu'il propose avec Alien 3 n'est pas dénué d'intérêt, il ressuscite un personnage de manière discutable et se contente de suivre des fils qui oscillent essentiellement entre gratuité et médiocrité. Reste les décors d'LV-426 et les clins d'oeil au film de Cameron. 


    ps: les 15 premières minutes du premier chapitre du second audio livre sont dispos ici :


  • Bonjour à tous et merci de votre soutien, 


     Sachez que vous trouvez l'article ci-dessous enrichi ici et complété, ici, sur mon site (je l'ai complété suite à différentes questions -par exemple, monter une association plutôt qu'une SARL ou un statut d'autoentrepreneur, etc.).  J'ai aussi ajouté en intro le magazine qui a suivi ma méthode. 


    Pour le reste, l'ancienne version est ici :


    Créer un magazine n’a rien de compliqué. Les coûts et les risques sont souvent moins élevés qu'on ne le pense. Voici les étapes qui permettent de retracer la création d'une revue, de sa conception à sa parution en kiosque en passant par le montage de sa société. N'hésitez pas à sortir votre propre magazine, à tenter l'aventure. Vous trouverez ci-dessous des adresses, des sites internet. Le plan qui suit se divise en plusieurs parties : la conception, que tout le monde ou presque imagine, l'impression puis la distribution et la vente.

    I Conception

    - La ligne éditoriale

    Avant toute chose, créer un magazine suppose une ligne éditoriale. Elle définit la structure (rubrique), l’approche (angle), le ton (personnalité) et la conduite (éthique). Une fois que vous avez votre idée directrice, que vous savez ce que vous voulez faire et comment vous voulez le faire, vous passez au plan détaillé, c’est à dire au contenu de chaque page. Ce plan s’appelle le chemin de fer. J'ai mis le chemin de fer du dernier numéro d'Icare en pièce jointe ci-dessous. Vous visualiserez immédiatement.

  • - La pagination

    Votre chemin de fer obéit aux règles d’impression. On distingue les 4 pages de la couverture (1ère, 2ème, 3ème et 4ème de couv) puis l’intérieur à savoir un assemblage de cahiers de 8 ou 16 pages pour l'offset (l'impression numérique n'est utilisée que pour les très petites quantités, elle n'a pas à respecter cette règle). Votre plan détaillé doit respecter ce nombre. C'est à dire qu'en divisant votre cahier intérieur par 8, vous devez obtenir un nombre entier.  Le premier numéro d’Icare est par un exemple un 128 + 4 soit 8 cahiers de 16 pages + 4 de couverture. L’édito est souvent la première page du cahier intérieur.

     

    - La rédaction

     Si vous faîtes un magazine, il vous faut un certain nombre de rédacteurs. Quelques amis, une équipe. Même seul, vous pouvez y arriver. Si vous souhaitez faire un magazine d'actualité (un news magazine), vous aurez besoin d'une équipe. Si vous choisissez un thématique, vous pourrez faire intervenir un faible nombre d'acteurs ce qui vous permettra de gérer le calendrier et le budget à votre guise. On peut tout à fait sortir un magazine par an ou un magazine tous les deux ans comme je le fais. On doit pas être très nombreux à le faire professionnellement mais il existe des milliers de fanzine. Il s'agit simplement d'une autre échelle. Seuls les processus de fabrication et les budgets diffèrent.


    - Recevoir les jeux.

     Que ce soit un news magazine ou un thématique, vous chercherez à recevoir les jeux. Vous contacterez donc les attachés de presse. Vous trouverez leurs adresses ici : http://www.afjv.com/annuaire_editeurs.php Certains éditeurs passent par des agences de presse extérieures, l’éditeur que vous contacterez vous renverra vers son prestataire si jamais il répond (sinon, n'hésitez pas à demander à des journalistes la bonne adresse). A vous de convaincre les RP de vous envoyer les jeux. S’ils refusent ou vous ignorent (les deux cas peuvent arriver), passez par les community manager.


    - Obtenir des images

     Dans ce domaine, vous avez trois solutions :

    ° Faire vos propres captures d’écran.

    ° Demandez des images à l’éditeur (qui fournit généralement artworks et captures)

    ° Vous inscrire sur des sites spécialisés, réservés aux professionnels (il faut en général valider son inscription). Ce sont d’immenses banques, plus ou moins payantes, d’images. J'utilise http://www.gamespress.com/ Je ne sais pas s'il en existe d'autres dédiés au jeu vidéo. Pour ma part, je combine en générale ce que je trouve sur gamespress, ce que les éditeurs m'envoient et ce que je trouve dans les portfolio des artistes et sur google images. Pour l'anecdote, je voulais mettre beaucoup plus d'artworks d'El Shaddai, quitte à faire 2 voire 4 pages (le jeu est très mauvais mais il y a quelques bijoux d'ambiance, bien retranscrites par certains "tableaux"). Seulement le prestataire de l'éditeur avait eu un problème d'archive et perdu les visuels. Le seul dessin (exploitable en 300 DPI) que j'ai pu retrouver se trouvait sur le site IGN. Malheureusement, il avait été tagué de manière dégueulasse (l'artiste ne signe pas son travail mais le site qui l'a archivé le fait : ubuesque). C'est pourquoi j'ai dû couper une partie du pied du personnage.

    - Gestion des droits. 

    En ce qui concerne la gestion des droits de propriété intellectuelle des images - hors captures effectuées par vous-même -, il suffit de placer des mentions légales génériques (cf image/bas du sommaire de mon dernier numéro) voire d'y dédier un encadré quelque part lorsque certains éditeurs demandent que soient placées des mentions plus spécifiques ou que vous voulez vous couvrir un peu mieux. De même, vous avez un droit à la citation qui permet de copier/coller des extraits de livres, d'interviews du moment que vous précisez leur origine et que vous n'excéder pas une certaine limite.


  • - La maquette 

    Vous n’avez pas fatalement besoin d’un professionnel pour faire une maquette. En revanche, il vous faut un bon niveau de maîtrise des logiciels (ce qui s’apprend facilement en trois semaines). Quoi qu’il en soit, chaque maquette est soumise à des obligations :

    ° utiliser un logiciel spécialisé (j'utilise in design / n'utilisez pas photoshop, ce n'est pas fait pour ça et c'est 30 fois plus compliqué).

    ° convertir toutes les images en 300 DPI avec photosphop (ce qui vous donnera la taille réelle des images pour une qualité optimale).

    ° créer des fonds perdus pour chaque page (lorsque vous avez des fonds ou des images en bordure de page, ceux-ci doivent égaler ou dépasser de 5 millimètres, c’est une exigence technique). Quelles que soient les caractéristiques exigées par l’imprimeur, vous devrez livrer un fichier PDF qui lui convienne tant sur le plan de de la qualité images (300 DPI) que sur la présence de fonds perdus. Le reste est à votre discrétion.

    Évidemment, je vous conseille de faire appel à un professionnel. Pour être franc, Icare est une anomalie. Chaque fois que je parle à des pros, ils tombent un peu des nues. Or il faut savoir que j'ai eu de la chance à toutes les étapes (d'ailleurs, les premières maquettes du magazine étaient immondes). C'est un facteur qu'on ne maîtrise pas et qu'il vaut mieux réduire au minimum. Quoiqu'il en soit, le magazine pourrait être plus beau, plus stylisé si je passais par de véritables maquettistes, à l'image des lettres de Konrad réalisées par Matthieu (il fallait être graphiste pour concrétiser l'idée or un bon maquettiste maîtrise aussi ce registre). Mais c'est un budget. En l'état, je l'apprécie évidemment. Je la trouve claire, épurée, proche de mes goûts mais parfois un peu trop simpliste. 

     ° La gestion des textes. Les dimensions de votre magazine joue un rôle dans l’espace dont vous disposez (pour info Icare est un 21 x 28,5 centimètres). Et si les articles comporte un certain nombre de caractères, la place qu’ils prennent dépend de la taille de police et du nombre d’images. Votre chemin de fer doit donc évaluer la taille d’un article incluant tous les paramètres. Mais si vos textes prennent trop de place, vous enlèverez des images. Et réciproquement.

     Voilà, vous avez les grandes lignes de la conception d’un magazine. Si vous avez respecté ces étapes, vous avez votre magazine prêt à être imprimé. Passons maintenant à l'étape du montage de l'entreprise.

    II Montage de la société

    Pour éditer un magazine, vous n'avez pas besoin d'une société. Vous pouvez très bien être autoentrepreneur.  Si vous êtes seul, aucun souci. (si j'avais su, c'est ce que j'aurais fait). Si vous êtes plusieurs, la SARL est un bon système. 

    - Une SARL (société à responsabilité limitée) a des coûts fixes. Il y a la comptabilité, l'expert comptabilité, les taxes et les impôts. Les impôts dépendent de vos bénéfices. Pas de bénéfices, pas d'impôts. Un comptable coûtera au minimum 1500 euros par an et un expert comptable 1000. Les frais d'entretien à l'année sont donc de 2500 euros. Si vous optez pour une société de domiciliation, vous pourrez ajouter quelques centaines d'euros. Vous pouvez limiter les coûts en faisant la comptabilité vous-même (ce que je fais) et en vous domiciliant chez vous. Pour l'expertise comptable, il faudra passer par une société. En théorie, ce n'est pas obligatoire mais dans les faits, si. 
    Pour créer une SARL, vous avez de bons guides : http://www.entreprises.cci-paris-idf.fr/web/reglementation/creation-entreprise/sarl Notez que vous aurez aussi l'obligation de créer un compte en banque pour votre société.

    Surtout, au moment de votre montage, pensez à solliciter des aides de l’État. Cela représente un  montant  non négligeable. Je regrette de ne pas l'avoir fait mais je n'en savais rien : http://www.pole-emploi.fr/candidat/[email protected]/article.jspz?id=60775


    - TVA 

    A noter l'importance de la TVA. C'est à dire que sur les produits que vous achetez pour réaliser votre magazine, vous pouvez récupérer la TVA. Et sur les produits que vous vendez, vous devrez la reverser à l'état. Pour ma part, je n'ai jamais payé de TVA car les coûts (dans ce domaine bien précis) sont supérieurs aux recettes. En effet, la TVA pour les entreprises de presse est très basse (2,1%). Pour cela, il faudra obtenir un numéro de commission paritaire ou bien placer une mention dans le magazine qui servira de présomption. 

    En tant qu'autoentrepreneur, vous pouvez choisir d'être soumis ou non à la TVA. C'est donc un autre système, plus souple, adapté aux parutions irrégulières. 
    http://www.journaldunet.com/management/pratique/creation-d-entreprise/5081/tva-pour-auto-entrepreneur.html 

    La TVA est en revanche importante dans le cadre de votre budget d'impression. Car imprimer dans l'Union Européenne fait que vous êtes exonérés de TVA. C'est ce qu'on appelle la TVA intracommunautaire. A l'inverse, imprimer en France vous oblige à rajouter à votre budget la TVA de 20% environ. C'est une somme. Dans mon cas, puisque j'imprime en Espagne, il n'y a pas de TVA à reverser. Le différentiel peut-être important si vous calculez le budget au plus bas. Reste que la TVA vous sera remboursée. Le souci, c'est que cette TVA exige d'avoir de la trésorerie. La mienne a disparu avec l'échec du numéro Deus Ex.

    III Trouver un imprimeur 

    Vous avez créé votre magazine, monté votre société. Il faut maintenant trouver un imprimeur offset. Il y en a des dizaines de milliers en France et en Europe. 

    - Personnellement, je suis passé par un très bon courtier, c'est à dire un intermédiaire qui choisit pour vous l'imprimeur le plus adapté à vos besoins/budgets. Je suis le plus petit client de ce courtier qui négocie pour des millions d'euros d'impression. Il m'a toujours trouvé le meilleur rapport qualité/prix et m'a toujours traité avec la plus grande considération. Si vous me le demandez, je vous donnerai ses coordonnées. Il vaut mieux un intermédiaire qui pèse en cas de litige. Quoiqu'il en soit, il m'a conseillé cette entreprise pour imprimer le magazine : http://www.monterreina.com/ 

    L'avantage, c'est que le rapport qualité/prix est excellent. Monterreina est une entreprise réputée qui travaille aussi bien avec des grands groupes qu'avec des micro entreprises. Je suis satisfait d'être leur client. Bien sûr, on peut trouver moins cher dans les pays de l'Est mais peut-être pas avec la même qualité ni le même sérieux. A voir.

    Néanmoins, Monterreina exige d'être payé en avance. Cette exigence, vous ne la retrouvez pas chez l'essentiel des imprimeurs français qui acceptent d'être payés à 1 voire 3 mois. C'est à dire que vous pouvez attendre de recevoir tout ou partie des recettes du magazine pour les rémunérer. Beaucoup de sociétés font ça (voire ne payent jamais). Je refuse. D'abord parce que si vos recettes sont inférieures, vous êtes endettés. Ensuite parce que l'argent met du temps à être versé par votre distributeur. Il m'a fallu quasiment une année pour avoir le solde de tout compte du numéro Spec Ops. Mais c'est parce que ma parution n'est pas régulière. Si vous êtes réguliers, vous êtes payés plus rapidement. Néanmoins, c'est une chose à savoir (et il faut demander un calendrier de paiement à votre distributeur). Aucun système n'est parfait. C'est justement pour ne pas prendre le risque de l'emprunt que je suis passé par un financement participatif pour le dernier numéro (et que je le ferai pour les prochains): http://fr.ulule.com/icare-magazine/

    N'hésitez pas à y chercher un complément de budget. Bien sûr, vous trouverez toujours des gens pour dénigrer le financement participatif. Quoiqu'il en soit, il y a d'autres alternatives: la banque (prêt), le mécénat, des investisseurs. S'agissant d'Icare, j'avais obtenu un prêt )pour pouvoir lancer le numéro GoW.

    IV Distribuer son magazine.

    Pour la distribution en kiosque, vous avez deux prestataires: les MLP et Prestalis. Je suis au MLP, j'en suis content. Je pourrai vous donner le numéro de mon chargé de clientèle si vous le souhaitez. 
    Concernant la parution du magazine, si on se place dans le cadre d'un trimestriel, vous ne serez jamais plus de deux mois en kiosque au début. Il faut avoir sorti deux numéros d'affilé pour pouvoir bénéficier du 3 ème mois. C'est une règle stupide qui dessert les entrants. Depuis le début, le fait de n'avait jamais été 3 mois en kiosque durant 3 mois a été catastrophique. Cela m'ampute d'un quart de mes ventes environ. Si vous pensez pouvoir sortir 4 numéro par an, choisissez le trimestriel, n'hésitez pas. Pour le reste, il n'y a de possibilité de rester plus de 3 mois en kiosque. Et l'inscription au MLP coûte 200 euros.

    - Recettes.

    Voilà un tableau de prévision de mes recettes (numéro Spec Ops). Votre distributeur vous fera une projection de ce que vous toucherez suivant le nombre de vos ventes.

  •  - Réglage.

    Pour pouvoir choisir au mieux où vendre votre revue, vous aurez besoin d'un régleur, c'est à dire de quelqu'un qui répartira les quantités par kiosque suivant ce qui s'y vend. Je passe par une personne, elle aussi impeccable. Pour info, il y a environ 26 000 kiosques en France (il y en avait 32 000 quand j'ai commencé), Et très précisément, le numéro Spec Ops n'était trouvable que dans 1000 d'entre eux sachant qu'il y avait 4000 exemplaires mis en vente (+500 à l'export). Cela m'a coûté 300 euros HT pour le numéro Spec Ops. 600 pour les deux précédents.

    Les MLP ne propose pas de site "trouverlapresse.com". Seul Presstalis le fait. Vous mettrez alors sur votre site internet l'adresse des points de ventes. C'est ce que j'avais fait sur mon forum.

    IV Vendre son magazine.

    - Si vous identifiez des gens dans la presse jv ou gravitant autour et capables de vous aider, demandez-leur. Beaucoup s'en foutront ou ne vous répondront pas mais certains vous donneront un coup de main. On arrive jamais à rien seul. Le site jeuxvideo.com est l'un des très rares sites professionnels, à ma connaissance, qui relaye les initiatives (et les rédacteurs sont bien sympas). C'est extrêmement précieux. Il me semble que la solidarité devrait être de mise dans la presse. D'ailleurs, dans la presse pro-amat (par exemple 
    jeuxvideo live), ils sont souvent très cools. Enfin, si vous avez besoin d'aide, n'hésitez pas à me contacter. Mais vous avez de la chance, car en France, on s'intéresse encore au papier.


    - L'affichage.

    Si j'arrive à avoir un bon budget pour le numéro Assassin's Creed, j'essaierai pour la première fois de prendre un affichage à la sortie des kiosque. Je ne sais pas combien ça coûte. J'éditerai ce billet au fur et à mesure.

    - Les réseaux sociaux.

    Les forums ne servent plus à grand chose. Mais c'est mieux que rien. Les blogs sont passés de mode (quand je pense au nombre de blogueurs qui avaient parlé du numéro God of War). Twitter est essentiel. Je cible deux mots clés : presse jv et spec ops. Ce sont les deux seuls que je regarde. J'envoie un lien et un petit message à ceux qui s'en servent. Les retours sont souvent désagréables quand on utilise le tag "presse jv". Rares sont ceux qui s'y intéressent vraiment (c'est davantage pour cracher dessus). En revanche, le mot clé "spec ops" donne d'excellent résultat. Les gens sont accueillants et vous avez rarement des retours désagréables. Idem pour le mot clé Deus Ex. Facebook est pratique aussi. Eviter de parler politique pour ne pas perdre des lecteurs :D

    - Un site internet.

    Il faut absolument un site internet et un paypal pour vendre des magazines en continu. Vous ferez une partie de vos ventes grâces à votre propre système de distribution : la Poste. Pour ma part, c'est via mon site que je vend le plus. J'en profite pour glisser un grand merci à Matthieu Requenna ainsi qu'à Raphaël de Sanqua (qui a hébergé mon site pendant longtemps). Attention, les coûts de La Poste ont flambé. Je suis en train de voir leurs offres, là encore j'actualiserai.

    Voilà, vous savez tout ou presque. J'espère que cela vous aura aidé. Comme j'espère que vous serez tenté de créer votre propre magazine. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à me les poser sur 
    Facebook. Je vous répondrai et ça me permettra d'affiner ce billet.

Whitey on the moon

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  • Hola,

    A peine sorti de First Man, le dernier film de Damien Chazelle (Whiplash), je me suis trouvé perplexe. Certes, le film n'est pas très bon (et je le classe parmi mes bofs du mois d'octobre), mais son sujet n'en reste pas moins intéressant. Après tout, il traite de manière intime de l'effort américain pour envoyer le premier homme sur la lune à un moment où les projets de retour se multiplient. Ceci dit, l'ensemble est parfois formulé de manière discutable. En particulier, une séquence m'a interpellé.

    Je m'étais déjà fait la réflexion de la manière dont l'introduction de certains éléments venaient parfois s'intégrer dans des films, à la manière d'un pied de biche, au point de casser leur dynamique ou leur poésie. Dans le documentaire français 16 levers de soleil, je m'étais étonné de la présence d'un morceau de rap absolument immonde. Personne n'écoute ça dans l'espace : 


  • Néanmoins, je trouvais que ce morceau correspondait à l'esprit du film : fade, paresseux, sans rythme, sans axes. Or je dirai que First Man est taillé dans le même bois même s'il est formellement beaucoup plus réussi. Pour le reste, le récit est plat, émaillé de quelques bonnes séquences mais qui ne font pas une oeuvre. On pourrait reprocher le jeu monolithique de Ryan Gosling qui incarne un Neil Amstrong désincarné, son absence de charisme, le caractère éparpillé de la réalisation dont on ne sait s'il s'agit d'un drame, d'un biopic ou d'un film historique tant il y a peu d'unité. A ce titre, j'aimerais revenir sur l'irruption du discours social. Ici, la séquence se joue en deux temps pour dresser un parallèle et souligner la question : à quoi bon aller sur la lune ? Si le film ne répond pas et se contente de souligner l'enjeu, il y a d'abord l'extrait du célèbre discours de Kennedy : 

    Nous avons choisi d'aller sur la Lune au cours de cette décennie et d'accomplir d'autres choses encore, non pas parce que c'est facile, mais justement parce que c'est difficile. Parce que cet objectif servira à organiser et à offrir le meilleur de notre énergie et de notre savoir-faire, parce que c'est le défi que nous sommes prêt à relever, celui que nous refusons de remettre à plus tard, celui que nous avons la ferme intention de remporter, tout comme les autres.


  • A ce discours répond un morceau très particulier à savoir Whitey on the Moon de Gil Scott Heron sorti en 1970. A noter toutefois qu'il est ici interprété par le jeune rappeur Leon Bridges dans une approche plus moderne. Finalement, alors que First Man n'a pas de discours social, qu'il ne dit rien sur la perception de la conquête de l'espace par le peuple américain (à peine une vision comptable quand certains élus parlent du coût du programme), ce morceau entraîne l'irruption d'un propos à la fois connoté et racial. Le morceau questionne ainsi l'intérêt d'aller sur la lune alors les noirs restent pauvres et opprimés. Je vous laisse écouter le titre (les paroles sont placées à la fin du billet). Je précise tout de même que whitey est l'équivalent de nigger et qu'on peut comprendre comme blanc-bec, blanchette. D'où le fameux morceau de Sly and the family stone : "Don't call me whitey, nigger. Don't call me nigger, whitey.

  • A la base, Whitey on the moon est un morceau évidemment politique. Pour autant, il faut noter que la version utilisée dans le film diffère de l'orignal (à écouter ici). De manière très concrète, la nouvelle version a un tempo plus lent tandis que le rappeur l'aborde avec ton plus plaintif. L''atmosphère change donc radicalement, de sorte que ce texte politique radical et acide se transforme en complainte. Les commentaires du public s'ajoutent pour donner l'illusion du live et viennent en renfort, du pathos. Discrète sur la version originale, percée de quelques rires, l'audience acclame désormais et reprend en chœur pour donner l'impression d'une communion. L'effet de lamentation partagée par cet auditoire a ceci que d'un discours revendicatif, teinté d'ironie, on bascule dans une forme de sanglot communautaire qui correspond davantage à notre époque plutôt qu'au mouvement de lutte pour les droits civiques. En effet, depuis la situation des afro-américains a évolué. Sans rentrer dans le détail de la ségrégation, les années 1960 voient la fin des mesures discriminatoires après un siècle de lutte (droit de vote dès 1869). Le sujet est brûlant. Il l'est encore aujourd'hui mais pas sous la forme qu'il empruntait dans les années 60. Or c'est cette introduction de la modernité, à travers le biais d'un morceau d'époque réinterprété, qui m'a laissé perplexe. Précisément, c'est l'instrumentalisation qui m'a interpellé. Car la séquence n'agit pas simplement comme une digression historique mais encore comme une sorte de clignotant idéologique, comme une caution morale, comme un passage obligé, sans rapport avec le sujet du film : Neil Amstrong, le first man. C'est là qu'on note la différence avec le film Les figures de l'ombre qui réussissait beaucoup mieux dans la dimension biographique, intime et historique pour rappeler le rôle des afro-américains dans la conquête de l'espace et mettre en lumière la dimension sociale et raciale de l'époque.

    Finalement, First Man me paraît raté, se contentant de juxtaposer des moments d'intimité et des séquences historiques, sans jamais les relier et en espérant complaire à l'ère du temps. Le film n'est pas engagé du point de vue de l'histoire de la conquête spatiale, il ne vibre pas, il ne passionne pas. Mais il a sa caution morale. Il a son moment Black Lives Matter. Comme un cheveu sur la soupe. Un cheveu qui a, malgré tout, le mérite d'ouvrir sur une dimension intéressante. L'une des rares du métrage. D'où le paradoxe d'un film sans grand intérêt qui ne trouve un peu d'épaisseur que dans un procédé grossier et idéologique.

  • ps : Paroles de Whitney on the moon : 


    A rat done bit my sister Nell. 
    (with Whitey on the moon) 
    Her face and arms began to swell. 
    (and Whitey's on the moon)

    I can't pay no doctor bill. 
    (but Whitey's on the moon) 
    Ten years from now I'll be payin' still. 
    (while Whitey's on the moon)

    The man jus' upped my rent las' night. 
    ('cause Whitey's on the moon) 
    No hot water, no toilets, no lights. 
    (but Whitey's on the moon)

    I wonder why he's uppi' me? 
    ('cause Whitey's on the moon?) 
    I was already payin' 'im fifty a week. 
    (with Whitey on the moon) 
    Taxes takin' my whole damn check, 
    Junkies makin' me a nervous wreck, 
    The price of food is goin' up, 
    An' as if all that shit wasn't enough

    A rat done bit my sister Nell. 
    (with Whitey on the moon) 
    Her face