Kaldaeria, le carnet de Phanat

Kaldaeria, le carnet de Phanat

Page vérifiée Créé le 23 mai 2017 #Noob #Néogicia #Olydri #Phanat Contact

Kaldaeria - Chapitre 1 - Les épreuves du cristal sacré - Part. 1

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  • Édito
  • Ça fait longtemps que je n'avais pas bossé sur mon roman Kaldaeria. J'étais occupé par divers projets mais me revoici ! Ça m'a permis de prendre du recul et j'ai décidé de repartir à zéro, ou presque.


    Je me suis relu et j'ai trouvé des passages assez indigestes (la création du jeu de boule par exemple). Je voulais réécrire le début pour qu'il soit plus clair. Des éléments de la première version apparaîtront plus tard. En tout cas, je ne suis pas trop mécontent du résultat... pour l'instant... XD


    Bonne lecture ! ^^

  • Kaldaeria - Chapitre 01 - Les épreuves du cristal sacré - Part. 01
  • Oh Kaldaeria notre terre sacrée

    Nos corps et nos âmes n'ont pu te protéger

    Des enfers venues nous éradiquer

    Craignez les Beysaks car ils sont sans pitié 


    Leurs flammes ont brûlé nos vertes contrées

    Leurs marées ont rasé nos grandes cités

    Leurs faims ont dévorés nos biens aimés

    Leur terreur s'est répandue dans le monde entier


    Nos trépassés crient vengeance

    Nous vivants leur rendrons justice

    Bientôt sera l'âge de notre renaissance

    Et celui des vils démons périsse


    Oh Kaldaeria un jour nous te sauverons

    Et ce jour se profile à l'horizon

    Car de plus en plus fort nous devenons

    Craignez-nous Beysaks, nous serons préparés


    Chers Ancêtres, soyez bénis 

    La cité que vous avez bâtie en ces temps désespérés

    Se dresse toujours après mille ans écoulés

    Arcaé, le dernier bastion de l'Humanité


    Merci pour ce havre de paix

    Grâce à vous nous avons prospéré

    Des générations se sont succédées

    Jamais nous n'oublierons vos sacrifices


    Nos arts de la guerre se sont affinés

    Nous avons atteint la divinité

    Le jour de gloire est arrivé

    Craignez-nous Beysaks, nous serons sans pitié


    Chaque matin avant d'entrer en classe, une centaine de petits enfants de la commune de Terre-Glaise récitaient en cœur le poème "Kaldaeria, notre terre sacrée" écrite pas le seigneur Estiel, le dirigeant de la cité forteresse d'Arcaé. Ils étaient placés bien en rang dans la cours de l'école primaire sous la supervision bienveillante de la jeune intendante sœur Cynthia qui était en haut des escaliers de l'entrée de l'école. Une gentille et chaleureuse aura émanait d'elle et ses lumineux cheveux blond accentuaient cet impression de sainteté. La récitation routinière se déroulait tranquillement mais l'air était particulièrement électrique aujourd'hui. Les enfants habituellement insouciants étaient nerveux et excités. La récitation finie, sœur Cynthia prit la parole.


    - Très bien les enfants. Avant d'aller en classe, on va faire le point sur ce qui va se passer. Comme vous le savez déjà, aujourd'hui est un jour très important.

    - C'est le jour des patates aux lardons à la cantine ! cria un garçon aux cheveux hirsutes très enthousiaste.


    Tous les enfants se mirent à rire mais ils se calmèrent aussitôt. Un inquiétant frisson les stoppèrent net. Leur instinct leur disait que réagir d'avantage à la petite blague du garçon pouvaient les mettre sous le feu d'un prédateur assoiffé de sang. Sœur Cynthia semblait légèrement agacée.


    - Farang, je sais que tu aimes les patates aux lardons, mais la prochaine fois que tu m'interromps, ce ne seront pas des lardons qui accompagneront tes patates. Est-ce que tu as bien compris ?

    - Oui sœur Cynthia, répondit timidement le garçon.


    Un simple rappel à l'ordre de sœur Cynthia envers Farang surprit un peu tout le monde. D'habitude, elle aurait eu une réaction plus violente envers le petit perturbateur. Ce jour particulier la troublait plus qu'il n'y paraissait.


    - Je reprends. Comme vous le savez déjà, aujourd'hui est un jour très important. Comme chaque année, c'est le jour des épreuves du cristal sacré. les inspecteurs de la Grande École vont arriver dans la journée et ils vont venir vous évaluer. Pour ceux qui ont moins de dix ans, vous n'aurez que le test du cristal. On mesurera votre ki et son évolution. Ça sera comme les tests que vous faites tous les mois avec moi, rien de bien méchant. Pour ceux qui ont dix ans, là on ne rigole plus. 


    Sœur Cynthia prit un air plus grave et sérieux. La tension monta d'un cran. Les gorges des enfants concernés commencèrent à se nouer.


    - Dans un mois, vous ferez vos premiers pas dans le monde des grands. Dans un mois, vous allez entrer à la Grande École. Réussir les épreuves est crucial pour votre avenir. Ça sera un bon départ pour devenir les élites de notre grande cité Arcaé.

    - Pourquoi faire partie de l'élite serait-elle la seule voie pour atteindre l'épanouissement personnel ? demanda un enfant dans la foule.


    Tous les regards se posèrent sur Farang, surpris par tant d'attention.


    - Euh… C'est pas moi qui ai parlé. Je vous jure ! Je sais même pas ce que c'est un "lépanousse" et pourquoi il ment. dit Farang.


    Tous les regards se posèrent automatiquement sur un autre garçon qui ne bronchait pas d'un cil. Sœur Cynthia l'avait déjà en ligne de mire mais aucune aura menaçante n'émanait d'elle. C'était un garçon de dix ans à la coiffure courte et lisse. Il était plutôt propre comparé aux autres enfants malgré ses vêtements rapiécés. Il n'y avait ni malice ni de défiance dans son regard, seulement de la sincérité. L'intendante mit sa main sur son front un instant puis dit :


    - Shenlaw, ce n'est pas le moment de discuter philosophie. On pourra le faire plus tard si tu veux mais pas maintenant.

    - Désolé ma sœur. C'était juste une pensée qui m'a échappée, dit le garçon. Ça ne se reproduira pas.

    - Je n'en doute pas. Où j'en étais ? Élites de notre grande cité… Parler des épreuves ! En plus du test du cristal, vous aurez des épreuves écrites et des épreuves d'aptitudes physiques. Nous évaluerons l'orthographe, la grammaire et les mathématiques et on verra vos conditions physiques. Vous en saurez plus quand les émissaires arriveront. Mon petit doigt me dit que vous allez bien vous en sortir. En attendant, exceptionnellement, vous avez quartier libre. Je vous conseille quand même d'aller cultiver votre ki ou bien de réviser vos cours. Sur ce, vous pouvez aller en classe.


    Tout le monde entrait dans l'école et rejoignit leur classe dans le calme. Les enfants discutaient entre eux des épreuves qui allaient se dérouler, partageaient leur excitation et leur anxiété. Sœur Cynthia approcha un groupe d'enfants où se trouvaient Farang le perturbateur et Shenlaw. Le garçon aux cheveux hirsutes la remarqua et se jeta à ses pieds en pleur.


    - Sœur Cynthia, pitié, ne me punissez pas. Je veux des lardons avec mes patates, supplia Farang.

    - Ça va pour cette fois, je ne suis pas venue te punir, dit-elle en soupirant.  Shenlaw, peux-tu m'accorder un petit moment ? Allons dans mon bureau.

    - Bien sûr ma sœur, dit Shenlaw.


    Le garçon suivit tranquillement l'intendante sous les regards un peu jaloux de certains. Les autres allèrent dans leur salle de classe.


    - Ouf, je l'ai échappé belle, dit Farang. Merci Shenlaw de t'être sacrifié pour moi. Je ne l'oublierai pas. Je ne te piquerai pas de lardon dans ton assiette.

    - Il va pas être puni à ta place. On parle de Shenlaw là, dit un garçon aux cheveux rasés.

    - Amrey a raison, sœur Cynthia a dû le convoquer pour une autre raison, dit une fille avec des couettes.

    - Kara, il a interrompu le discours de sœur Cynthia lui aussi, je ne vois pas pourquoi il ne sera pas puni, dit Farang.

    - Il a posé une question intelligente, toi t'as fait l'idiot, dit-elle.

    - Kara, un lépatruc qui ment, c'est intelligent ça ? demanda Farang.

    - "Épanouissement", c'est un seul mot, dit-elle. Ça veut dire grandir dans le bonheur ou un truc dans le genre. Il a demandé à sœur Cynthia pourquoi faire parti de l'élite serait la seule voie pour atteindre le bonheur.

    - Euh… Ok. T'as compris ça toi ?

    - Ça aide de faire les devoirs avec lui après l'école. Il explique très bien les trucs et tu comprends plein de choses. En plus, il t'apprend d'autres trucs qui sont pas enseignés dans les cours.

    - Ouais bon, ça va pas m'aider à devenir le héros qui va détruire les Beysaks.

    - En tout cas, sœur Cynthia a l'air de préférer les hommes intelligents aux brutes sans cervelle.

    - Euh… c'est quoi le rapport, dit Farang perplexe.

    - Je disais ça comme ça, dit-elle avec un léger sourire.


    Cette dernière remarque n'était pas tombée dans les oreilles de sourds dans la classe et les garçons qui cultivaient leur ki se mirent aussitôt à réviser les cours.


    La décoration du bureau de sœur Cynthia était sobre et fonctionnelle. Une magnifique aquarelle à l'encre noire accrochée sur le mur à droite de l'entrée égayait la pièce. Elle représentait le paysage d'Arcaé qui comportaient de majestueuses montagnes embrumées. Le regard plein d'étoiles de Shenlaw était posé sur la bibliothèque remplie de livres qui était placée en face de la peinture. Sœur Cynthia s'assit nonchalamment sur le fauteuil de bureau et fit un long soupir. L'impression de dignité qu'elle dégageait s'était dissipée. Shenlaw n'était pas surpris. Il connaissait ce côté de sœur Cynthia.


    - Shenlaw, installe-toi, dit-elle en montrant une chaise. Est-ce que ça va ?

    - Je n'ai pas assez dormi, dit-il tranquillement en s'asseyant. Une de nos vaches a mis bas cette nuit et il fallait que j'aide mes parents. Ça a prit pas mal de temps mais tout s'est bien passé. Encore une fois, désolé pour cette interruption.

    - C'est rien. C'est toujours mieux que les idioties de ton ami Farang. Son obsession pour les patates aux lardons me laisse perplexe. Ta question m'a aussi prise au dépourvu.

    - C'était juste une pensée qui m'est venue comme ça, c'est tout.

    - Vraiment ?

    - Vous m'avez convoqué pour parler de ça ?

    - Quand mon élève le plus intelligent et le plus sage perturbe mon discours, c'est étonnant. J'aimerai bien comprendre. Et comme on a du temps avant de passer les épreuves, autant le faire maintenant.

    - Ok, mais je n'ai rien d'autre à ajouter.

    - "Pourquoi faire partie de l'élite serait-elle la seule voie pour atteindre l'épanouissement personnel ?". J'ai senti une pointe d'agacement quand tu as posé cette question. Pourtant tu es plutôt du genre à toujours chercher l'excellence et vu tes résultats scolaires, tu feras sûrement parti de l'élite.

    - Je ne pense pas que je ferai parti de l'élite. Ça sera compliqué à cause de mon handicap. Ne pas avoir de ki n'ouvre pas beaucoup de porte.

    - Pourtant tu es mon meilleur élève. Tu excelles en mathématique, en langue, en histoire, en dessin. Je suis toujours subjuguée par ton aquarelle des montagnes d'Arcaé.

    - Pas en arts martiaux et en taille de ki. Notre société privilégie plus la force et la grosseur du ki que l'intellect.

    - Est-ce que c'est ça qui t'agace ?

    - Non, ça c'est rien. Je me suis fais une raison très tôt. Je sais que je vais devoir me battre toute ma vie pour me faire une place ici. Ce qui me tracasse est totalement autre chose.


    Shenlaw prit un instant. Il semblait hésitant.


    - Tu sais que tu peux me parler, dit sœur Cynthia.

    - Ça risque d'être long, dit Shenlaw.

    - On a encore du temps avant que les émissaires n'arrivent.


    Shenlaw rassembla ses pensées.


    - Très bien, dit-il. Depuis combien de temps on récite le poème moyennement inspiré chaque matin ? Quatre, cinq ans ?

    - Euh, c'est ça.

    - Le système scolaire a aussi changé dans ces eaux-là. L'école est devenue obligatoire. On commence à apprendre lire, à écrire et les mathématiques à cinq ans. Personnellement, je ne m'en plains pas. J'adore ça mais je suis une exception. Par exemple, je pense qu'apprendre les maths à cinq ans est bien trop tôt, même si c'est très basique.

    - Ah bon ?

    - Quand j'aide les autres enfants à faire leurs devoirs après l'école, je vois ce qui marche et ce qui ne marche pas. Les maths sont bien trop abstraits pour les petits. Nos esprits aiment le concret, ce qui peut se tenir dans la main. Même si on explique à quoi ça sert, ils s'en moquent à cet âge. La majorité de mes amis n'aime pas du tout ça. Certains en sont même dégoûtés au point d'en vomir. Je pense qu'il vaut mieux les enseigner à partir de la Grande École. Aux alentours de dix ans, on comprend un peu mieux les choses. C'est juste une théorie. Il faudrait faire des essais pour voir si j'ai raison ou pas. Vous aviez tout ça quand vous aviez notre âge ?

    - Je viens d'une famille de noble. J'ai eu une instruction très jeune aussi, mais ce n'était pas aussi technique que maintenant. Ça a beaucoup changé en si peu de temps. Mais quelque chose me dit que ce n'est pas ça qui te contrarie, n'est-ce pas ?

    - En effet. En fait, j'ai beaucoup digressé.

    - C'est ton grand défaut. Il faudrait que tu ailles plus rapidement à l'essentiel, même si ton point de vue sur l'enseignement des maths est intéressant.


    Shenlaw prit un petit moment pour peser ses mots.


    - On va partir en guerre et c'est pour bientôt, dit-il.


    À suivre...

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