Soutien à LDMT

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Page vérifiée Créé le 3 février 2018 Contact

SE FORCER à être DOUX REND DINGUE

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  • (l'eunuque qui disait aimer les enfants)

    Vouloir se couper les couilles dans le but de n'être point dangereux est énantiodromique, car cela majore la frustration/souffrance de n'être point entier qui remonte à l'enfance.
    Il est préférable de se les vider. Et pour cela, pour que la décharge soit totale, il faut apprendre à aimer. Et non pas à rester focalisé sur cette volonté éperdue de sauver son âme d'enfant étouffée, en la projetant sur tous les enfants du monde.

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    La prise de pouvoir passe bien souvent par une justification préalable.
    Que ce soit le pouvoir qu'on veut prendre sur les enfants, mais aussi celui qu'un adulte veut prendre sur un autre adulte. Ou le pouvoir qu'un enfant veut prendre sur un autre, adulte ou enfant (car les enfants ont aussi des recherches de pouvoir).

    L'éducation bienveillante a le vent en poupe. Aussi combien d'adultes vont valider les textes centrés sur ce sujet (ou même les écrire), tout en poursuivant sans relâche leur quête de pouvoir, d'approbation. Et dans notre société, le symbole du pouvoir, c'est l'argent.

    Faire passer les enfants avant tout, dans le discours, c'est tellement valorisant, et une douce vengeance, mais l'argent (ou son substitut direct : le statut) sera encore et toujours la mesure de la valeur de celui qui proclame unilatéralement sa bienveillance.

    On aura ainsi (on a) des bienveillants un peu partout.
    Mais sans que tous ces gens changent leur logiciel de base, leur épistémologie totale.
    Changement de type 1 et non de type 2.

    Un bourreau pourra être "bienveillant", du moment que ce n'est pas un bourreau d'enfant...
    Un adepte de l'économie ultra-libérale pourra l'être également, avec quelques adaptations dans l'exploitation qu'il fait de l'humain.

    Le changement véritable sera fait quand le sujet central ne sera plus l'enfant mais l'humain.
    Quand l'humain est sacré, par extension l'enfant l'est aussi.
    La complexité des besoins humains à reconnaître comprend nécessairement, aussi ,ceux de l'enfant.

    Alors que sacraliser l'enfant sans penser l'humain, et ses propres responsabilités vis à vis de ses semblables, c'est se donner la possibilité de reporter sa mémoire traumatique hurlante sur encore et toujours ses semblables.
    En exigeant d'eux soumission, adoration, approbation, pouvoir, argent.

    Sacraliser l'humain, c'est dépasser les guerres hommes/femmes ou enfants/adultes.

    Trop se centrer sur l'enfant, c'est montrer qu'on n'en a pas fini avec ce qui bout en soi derrière le mur du réprimé, et qu'on externalise sa douleur en poursuivant des guerres, cherchant des boucs-émissaires (même si ceux-là sont plus proches de la réalité du refoulé, car il s'agit de parents).

    Trop se centrer sur l'enfant, c'est se perdre dans une guerre de compensation, en étant bien trop souvent mené par les besoins inconscients d'approbation (en lieu et place de l'amour qu'on a perdu, ou jamais eu et qu'on n'a su retrouver) et de pouvoir (argent et encore argent).

    Trop se centrer sur l'enfant, c'est en venir à vouloir castrer l'univers, castrer les hommes et se castrer soi-même si l'on est un homme, dans le but unique de vouloir non pas sauver LES enfants, mais l'enfant rejeté, battu, négligé... en soi.
    Inévitablement, cette quête est pleine de rage...

    Se forcer à être doux rend dingue. Vouloir se couper les couilles dans le but de n'être point dangereux est énantiodromique, car cela majore la frustration/souffrance de n'être point entier qui remonte à l'enfance.
    Il est préférable de se les vider. Et pour cela, pour que la décharge soit totale, il faut apprendre à aimer. Et non pas à rester focalisé sur cette volonté éperdue de sauver son âme d'enfant déchirée, en la projetant sur tous les enfants du monde.

    La grille cybernétique est première : après l'exploration de l'enfance, il faut savoir revenir au relationnel et se décentrer pour se voir soi-même dans le monde, et voir et vivre ses responsabilités à tous les niveaux de la vie.

    Apprenez à aimer. L'homme aimant est un homme relationnel, un humain cybernétique (complexe). Un système qui doit se concevoir comme tel.
    Pour aimer, aimer vraiment, il faut savoir se décentrer.
    Il faut savoir décaler sa pensée, et interroger, en premier lieu, nos obsessions.
    Elles sont bien souvent, toujours, mariées à des tâches aveugles et des incohérences. Et des crimes maquillés de grandes valeurs.

    Qu'est-ce qui fait, vraiment, que toi, moi, n'avons pas appuyé sur la gâchette?
    Qu'est-ce qui fait que, toi, moi, oublions bien des fois où nous avons tiré?