Soutien à LDMT

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Page vérifiée Créé le 3 février 2018 Contact

L'EXISTENCE précède L'ESSENCE

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  • (sortez donc du supermarché identitaire)

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    Dans un monde de préfabriqué (prêt à porter, prêt à habiter, prêt à meubler, prêt à manger, prêt à baiser, etc.), on aime bien l'idée que nos identités soient préfabriqués.

    On voudrait bien se déresponsabiliser, se libérer du devoir d'être soi, du fardeau d'avoir à vivre (quand notre élan vital a été brisé souvent très jeune).

    Alors, on cherche à se mettre une étiquette, une identité préfabriquée qui nous rassure et arrête la lutte (et malheureusement, aussi, la croissance).

    Et il y a plein de fabricants d'étiquettes sur le marché. Ils assurent ainsi le maximum de stabilité sociale grâce à des diagnostics trivialisants.
    "C'est bon, cher ami, vous avez votre place. Dormez en paix. Et continuez à haïr vos semblables puisque c'est le moteur de la consommation et du statu quo social; l'étiquette est garante de l'homéostasie brinquebalante qui arrange les ultra-dominants.. 
    Dormez en paix, c'est la société qui vous fabrique et vous range sur le bon étage du bon rayon."

    On vous mettra (vous le désirez tant!) peut-être dans un caddie et on vous paiera, utilisera, usera et jettera.
    Consommateur consommé, en une boucle sans fin.

    Et vous vous trouvez alors dans le BON rayon à l'étage adéquat selon votre étiquette, selon donc vos caractéristiques indélébiles préformatées, prisons de vos âmes perdues.

    Vous vous trouvez au rayon des humains "différents", un rayon tendance, qui occupe la moitié du magasin du préfabriqué...
    Humain neuro-atypique, peau de zèbre sur corps au potentiel si haut et donc... jambes d'asperger. Sans gluten, vegan, hyperactifs, hyper-sensoriels émotifs, hyper hyper, intolérants à la vie (normal pour du préfabriqué). Juste à côté du rayon des godemichets de toutes les couleurs et toutes les tailles, avant le rayon de la bouffe sous plastique, et après celui des meubles Ikea...
    La différence pour pas cher, la différence standardisée.

    Uns simple étiquette, pour se fuir sans espoir de retour, en prétendant s'être trouvé.
    Une aussi belle arnaque que celle des produits du terroir, dans l'hypermarché, fabriqués à la chaîne en usine, et recevant leur belle étiquette avant de finir sous des yeux aveugles au sens des mots...

    Si on sort un instant à la lumière, hors de cet hyper-marché, et que l'on marche un peu, on peut encore avoir la chance de tomber sur des livres ou même des personnes, des vraies, artisans de la vie, qui savent que les identités, pour que notre vie ait justement une valeur et un sens, sont des objets artisanaux à construire avec habileté, intelligence et application.

    A quoi sert d'avoir une étiquette d'être humain supérieur si l'on n'est même pas capable de comprendre cela?

    L'existence précède l'essence.

    Mais pourquoi donc avoir si peur de vivre?
    Si peur de se trouver en se construisant et de laisser les étiquettes aux objets?

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    Olivier Lafay

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    Descends dans ma rue, inconnu
    Je te le demande, tu n'as jamais vu
    Toutes ces masse affalées, zombifiées
    Dans ce luxe aseptisé, immaculé.

    Au nom de la race, je passe
    Sans te regarder, non identifié.
    Au nom de la crasse, je grimace
    Pour rien au monde, je ne céderais ma place.

    Sous un ciel bleu chimique
    Ils boivent et bouffent plastique.
    Beauté artificielle pareille au ciel
    Regarde bien en face cet univers de poubelles.

    Au nom de la race, je passe
    Sans te regarder, non identifié.
    Au nom de la crasse, je grimace
    Pour rien au monde, je ne céderais ma place.

    Je pars de la crasse vers le luxe.
    Pas besoin de m'habiller pour m'identifier.
    Tous les créateurs crèvent de faim.
    A qui serrer la main ?

    (Trust, au nom de la race)